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Richard Fleischer - L'étrangleur de Boston (1968)


Inspiré de l'histoire vraie de Albert De Salvo, L'étrangleur de Boston se scinde en deux parties distinctes. La première, la plus réussie, met en scène les divers meurtres qui alertent la police puis l'enquête elle-même afin d'identifier le meurtrier. La seconde est consacrée à l'interrogatoire de celui-ci. Elle s'avère déstabilisante et dramatique quand on comprend que l'étrangleur ne se souvient, sincèrement, de rien. D'ailleurs, De Salvo, enfermé à vie, fut reconnu non responsable de ses actes. Richard Fleischer, qui est passé maître dans le polar (L'énigme du Chicago Express, Les inconnus dans la ville) et dans l'aventure mâtinée de science-fiction (20 000 lieues sous les mers, Le voyage fantastique) livre ici une œuvre efficace dont le souci d'authenticité se reflète dans le style froid, presque clinique choisi pour retracer les agissements de ce tueur qui apparait en définitive plus comme une victime que comme un bourreau sanguinaire. 


L'interprétation de Tony Curtis, habituellement cantonné aux rôles positifs, est sans doute pour beaucoup dans le malaise, la pitié que l'on éprouve pour ce personnage complexe et finalement pathétique. The Boston Strangler, certes, se révèle être un très bon thriller mais le caractère trop froid nous empêche de pénétrer dans le récit. De même, l'usage trop abusif du splitscreen, très à la mode à l'époque (L'affaire Thomas Crown l'atteste) nuit quelque peu au film, en ôtant certainement une bonne part du plaisir qu'on aurait pu retrier de sa vision. Cependant, le film demeure un classique du genre, auquel on préfèrera toutefois, sur un sujet un peu similaire, L'étrangleur de Rillington Place que Fleischer signera trois ans plus tard. (2001) ⍖⍖


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