Sorte de Key Largo à l'anglaise et en mode (très) mineur, Doublecross est une petite production des années 50 qui, à l'instar de nombre de séries B du même acabit, a sombré dans l'oubli. S'il serait exagéré de le présenter comme une pépite méconnue, ce film ne manque toutefois pas de charme, embrumé par ce naturalisme pittoresque typiquement britannique. Les décors fournis par la Cornouaille et ce petit village de pêcheurs, des trognes familières (Donald Houston, Robert Shaw dans un rôle minuscule et Anton Diffring flanqué de l'élégant Allan Cuthbertson en vilains) et une classique histoire d'espions qui débauchent un marin pour rejoindre clandestinement les côtes européennes, comblent les déficits du scénario (dont une romance improbable) et les carences d'une mise en scène mollement assurée par l'obscur Anthony Squire, lequel a surtout besogné pour le petit écran ou comme réalisateur de seconde équipe (Le crépuscule des aigles, L'arme à l'oeil...). Doublecross est donc à prendre pour ce qu'il est, un film très oubliable sans aucun doute cependant non dénué de ce petit charme suranné qui fait tout le sel des séries B anglaise (ou pas). A noter que Peter Hunt en a assuré le montage. (05.09.2023) ⍖⍖
De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...
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