Artisan chevronné emblématique de la Shaw Brothers pour laquelle il usine nombre de comédies, souvent musicales (Hong Kong Nocturne), Umetsugu Inoue a en parallèle signé quelques bobines plus bizarres car flirtant avec la SF (Les voleurs de cerveaux) ou le fantastique à l'image de The 5 Billion Dollar Legacy, sujet de ces quelques lignes. Ce dernier suit trois jeunes femmes conviées dans une inquiétante demeure aux allures de manoir hanté pour bénéficier de la fortune d'un père dont elles viennent de découvrir l'existence. Très vite, les morts se succède tandis que rôde un homme au visage de monstre, semant l'effroi une fois la nuit venue. Quelle est l'identité de l'assassin ? S'agit-il de cette affreuse créature ? Quel rôle jouent les différents hommes installés dans la maison ? Ce patriarche cloué dans un fauteuil roulant ne cache-t-il pas un secret et est-il bien ce qu'il a l'air d'être ? Autant de questions que le réalisateur s'amuse à émincer dans ce film plus amusant qu'horrifique qui puise aussi bien dans le whodunit cher à Agatha Christie que dans les classiques de l'épouvante des années 30.
Drapé dans une photographie chatoyante aux accents gothiques et tacheté de mystères empruntés au bestiaire fantomatique chinois, The Billion Dollar Legacy impressionne davantage comme livre d'images et moins en tant que suspense malgré des cadrages biscornus, une musique parfois stridente et une chute attendue mais efficace. Une pointe de sensualité voire d'érotisme que diffusent la très sexy Man No Kuo et plus encore l'interprète de la maîtresse de l'oncle de Zhang filmée nue sous la douche avant de se faire étrangler lors d'une scène évidemment hitchockienne, épice agréablement ce divertissement bien mené par un technicien qui sait ménager ses effets, quoique répétitif et presque (trop) parodique pour susciter autre chose qu'un plaisir aimable. Une œuvre visuellement superbe à tout le moins, chamarrée d'un éclat gothique et parfaitement rythmée qui assure un bon moment de cinéma de genre. (15.07.2022) ⍖⍖



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