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George B. Seitz - 6000 Enemies (1939)


Tombé dans l’oubli, George B. Seitz a pourtant signé près d’une centaine de films (sans compter une trentaine de scénarios) entre 1914 et 1944 (date de sa mort) parmi lesquels figurent des épisodes de la série Andy Hardy avec Mickey Rooney, tout aussi oubliée elle aussi, L’évadée (avec Maureen O’Sullivan et Joel McCrea), une version du Dernier des Mohicans (avec Randolph Scott) ou bien encore Tarzan s’évade dont la paternité revient à Richard Thorpe mais auquel il aurait néanmoins participé. Deux ans après My Dear Miss Aldrich, il retrouve Walter Pidgeon et Rita Johnson à l’occasion de 6000 Enemies. Bien qu’émanant de la  M.G.M., il s’agit d’une série B, format dont ce studio parmi les plus puissants de l’époque n’est pas spécialiste. Elle en possède dans tous les cas les qualités (rythme soutenu, trame concise d’une soixantaine de minutes), les défauts (fin expéditive et matériau qui méritait d’être plus fouillé) mais aussi ce petit charme immuable. Comme souvent avec ce type de productions, le point de départ est habile. 


Accusé à tort de corruption, Steve Donegan, un procureur respecté se retrouve en prison où il croise de nombreux bandits qu’il a fait condamner et qui sont bien décidés à se venger. Pendant que son frère mène l’enquête et révèle le complot ourdi par un mafieux, Donegan gagnera peu à peu le respect des autres prisonniers au terme d’un match de boxe. Une mise en scène impersonnelle mais non sans quelques idées (la fusillade finale), les décors soignés du maître Cedric Gibbons, un Walter Pidgeon impeccable dans un rôle plutôt inhabituel pour lui et une poignée de bons seconds rôles (Tom Neal, Paul Kelly qui séjourna d’ailleurs derrière les barreaux dix ans plus tôt pour le meurtre d’un autre comédien !) commandent un modeste polar aussi agréable que malheureusement inodore car privé de la sécheresse survoltée et de la dramaturgie inhérentes aux films noirs (de la Warner notamment) dont il ne possède que le vernis et ce, malgré l’environnement carcéral qui lui sert de cadre mais qu’il dépeint de façon par trop inoffensive et moralisatrice. Plaisant malgré tout grâce au cachet suranné du cinéma des années 30, il ne faut pas attendre plus de 6000 Enemies que la série B mineure qu’il est. (17.01.2024) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...