Accéder au contenu principal

André De Toth - Hidden Fear (1957)


Nous attendions certainement mieux de la rencontre entre André De Toth et John Payne. Borgne fameux du Hollywood de l'âge d'or, le premier fut le réalisateur de westerns avec (Terreur à l'Ouest) ou sans (La rivière de nos amours, La chevauchée des bannis) Randolph Scott, d'un classique de l'horreur (L'homme au masque de cire) ou du polar (Chasse au gang). Le second, qu'on ne présente plus, à promener sa rudesse sombre et virile dans d'excellentes séries B des années 50, sous la houlette d'Allan Dawn (Quatre étranges cavaliers), Phil Karlon (L'affaire de 99ème rue) ou Lewis Foster (La caravane des évadés). Avant d'abandonner le grand écran pour le petit (la série The Retless Gun), Payne tourne donc le décevant Hidden Fear dont la morne intrigue fait mentir à la fois son titre et un affiche promettant de façon tonitruante suspense et frissons ! 


Le récit est confus, les personnages écrits à la serpe notamment les rôles féminins dont on a du mal à saisir les desseins. Même John Payne, dans la peau d'un dur à cuir comme il les affectionne, passe son temps la moue figée. Seule originalité, l'histoire se déroule au Danemark, ce qui donne au film un cachet évidemment très européen qui n'est pas sans rappeler l'ambiance agréablement désuète de L'enquête est close (1951) de Jacques Tourneur et deux ans plus tard, celle de La maison des sept faucons (1959) de Richard Thorpe. Ce tournage sur le vieux continent permet à de Toth, hongrois d'origine, de renouer avec ses racines, habillant son travail, à l'aide d'une belle photographie en noir et blanc de Wilfrid M. Cline, d'une touche expressionniste particulièrement prégnante dans les scènes d'intérieur, remplies d'escaliers tissant sur les murs des ombres inquiétantes. Une poursuite entre une moto et une voiture, assez nerveuse pour l'époque, complète l'actif de ce polar modeste auquel le métier de André De Toth, la présence solide de John Payne et celle plus raffinée de Alexander Knox assurent malgré tout son efficacité et son (petit) charme. (31.07.2022) ⍖⍖



Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...