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Justin Hardy - A Feast At Midnight (1994)


Si la présence de Christopher Lee  et une affiche vaguement inquiétante où l'ombre du comédien dessine le crâne d'un dinosaure annoncent une bobine qui fout la pétoche, on cherchera en vain la moindre trace de frissons dans A Feast At Midnight. Il s'agit en réalité d'une comédie, pleine de tendresse et d'émotions qui voit un jeune garçon rejoindre une prestigieuse école anglaise. Face aux brimades de ses camarades et, plus singulier, au régime alimentaire particulièrement strict qui y est appliqué, Magnus se réfugiera la nuit dans les cuisines pour mijoter des gourmandises avec d'autres gamins de plus en plus nombreux. Ils formeront ainsi le club du festin de minuit. Rien d'effrayant donc dans ce curieux sujet. Cela en fait-il un mauvais film pour autant ? 

Bien au contraire car, sur un mode léger, le long métrage mitonné par le fils de Robert Hardy (qui campe le directeur) évoque la sévérité rigide de ces établissements scolaires britanniques d'un autre âge et en corolaire, la cruauté des enfants entre eux, jamais avares en moqueries et humiliations. C'est amusant et délicieux, croquant même le Jurassic Park de Spielberg lorsque le Christopher Lee, surnommé le Raptor, rôde dans les cuisines à la recherche de ses élèves. Comme toujours avec le cinéma anglais, l'interprétation est savoureuse, qu'il s'agisse des vétérans déjà cités, auxquels se joint Edward Fox, que nous aurions aimé voir davantage à l'écran, ou bien des acteurs en herbe tous parfaits, notamment Freddie Findlay. Plus anecdotique, on relèvera la participation furtive de Michael Gove, futur ministre de Brian Johnson et chancelier du duché de Lancastre ! Saupoudré de ce charme typiquement british, A Feast At Midnight parait ne pas avoir rencontré un franc succès commercial, justifiant plus encore sa (re)découverte. (05.04.2021) ⍖⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...