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Cornucopia - The Midnight Hour (2024)


Osons l’affirmer : Cornucopia trône à n’en pas douter parmi les émules les plus orgasmiques d’Electric Wizard ! On en veut pour preuve The Midnight Hour, sa nouvelle rondelle. Tout y est :  l’artwork au séduisant parfum d’occultisme de série B (placer une prêtresse sur une pochette, le décolleté plongeant, est toujours efficace pour ferrer le pèlerin qui a les oreilles au niveau du slip), les riffs velus qui fleurent les dessous de bras, la voix embrumée, embuée, aux relents de Gitane Maïs et de whisky frelaté. Le tempo bien graisseux, ça n’enclenche jamais la seconde. Bref, le duo nantais a tout compris au doom old school, les potards poussés à fond, guitare / basse / batterie directement connectées aux entrailles de la terre. Avec en sus ce côté un peu patibulaire, très punk dans l’âme. Edité par le label américain NoSlip Records, The Midnight Hour se dévoile sous la forme d’un beau digipack, ce qui ne gâte rien. La galette une fois avalée par la fente (de la chaine Hi-fi), on mesure très vite les progrès réalisés par nos deux gaillards depuis que The Reaper (2021) les a déniaisés, moins en terme de jeu que d’écriture. 


Certes, plutôt rétrograde dans l’âme, Cornucopia reste fidèle à une accroche simple et dépouillée, sans OGM ni artifice (pour la forme), sans grande variété ni progression (pour le fond) mais ces cinq nouvelles giclées de mazout sont bien plus épaisses et solides que leurs devancières. Il suffit de s’enfiler des enclumes telles que ‘Desperation Streets’ ou ‘Shrine Of Love’ pour juger de ce que la bestiole a sous le capot. Et elle en a beaucoup ! Que dire aussi de ‘The Lurking Dead’ dont les cuisses sont ouvertes par de longs préliminaires ou bien ‘Those Perverse Ways’, conclusion (quasi) instrumentale aux allures de rituel hypnotique et enfumé. Si à son écoute, l’impression de voir deux types se pointer dans leur garage, brancher leurs instruments et cracher la sauce aux allures de cambouis grumeleux, s’impose toujours, le fait est que The Midnight Hour dresse une hampe insolente et n’a vraiment rien à envier à un Electric Wizard qui du reste n’a rien enfanter de neuf depuis longtemps ni de vraiment bon depuis Time To Die (2014) auquel la frappe animale de Mark Greening conférait cette aura evil qui lui manquait tant, mais ceci est un autre sujet ! Malgré une louable absence de prétention, Cornucopia est devenu grand.  Et tant pis s’il n’a toujours pas franchi l’étape du EP car cette (petite) vingtaine de minutes de doom graisseux vaut bien des albums plus longs. (19.09.2024 | LHN) ⍖⍖⍖

 

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