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Paradise Lost - Host (1999)


Paradise Lost est un groupe téméraire. En effet, cette évidence ne peut que sauter aux yeux, ou plutôt aux oreilles, à l'écoute de ce nouvel album, qui s'éloigne encore un peu plus des rivages du metal pur et dur, après un One Second déjà beaucoup moins pourvu en plomb que ses prédécesseurs. Mais si ce dernier maintenait encore un semblant d'illusion, Host franchit le gouffre de plein pied, sans doute aidé par la récente signature ô combien surprenante et contestée sur la major EMI. Le metal gothic qui imposa les Britanniques durant la première moitié des années 90 n'est donc plus qu'un lointain souvenir ; les fans doivent le comprendre et faire leur deuil. Mais est-ce une raison pour bouder désormais ce groupe si novateur ? Que nenni ! Car, passées ces remarques préliminaires visant surtout les inconditionnels du groupe réfractaires à toute évolution et les intimant par la même à aller voir ailleurs, il faut bien admettre que Paradise Lost se glisse dans cette nouvelle peau avec aisance et réussite. Bien sûr, Nick Holmes semble définitivement avoir remisé sa grosse voix d'outre-tombe au fond d'une cave tandis que les guitares autrefois abrasives se font dorénavant plus discrètes, plus racées également. 


Pourtant, derrières les artifices pop et parfois aux confins de l'électro, on reconnaît immédiatement le style Paradise Lost ; cette mélancolie raffinée, ces compostions toujours finement ciselées. Metal ou pas, une bonne chanson reste une bonne chanson ; et c'est ce que sont les superbes "Harbour", "Behind The Grey" ou "Host", réhaussés par des arrangements particulièrement soignés. Il faut bien admettre aussi que cette voix claire et naturelle convient bien mieux à Holmes que les rugissements à la James Hetfield dont il nous abreuvait autrefois. Reconnaissons toutefois qu'en dépit d'incontestables qualités d'écriture et d'interprétation, Host se révèle en définitive froid, austère et peu attachant. Contrairement à One Second par exemple, il n'est pas un album que l'on a envie de réécouter en boucle pendant des semaines. Peut-être est-ce dû au malaise diffus mais pourtant bien présent, qui sourde de ces chansons aussi grises qu'une ville minière s'abîmant dans la crise, ou que ces plages des petites villes balnéaires anglaises engourdies par l'hiver. Mais de part sa démarche courageuse, le groupe mérite le respect éternel.(04.03.2007) ⍖⍖⍖

 

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