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Furies - Fortunate's Gate (2020)


Notre première rencontre avec Furies remonte à 2015 et une mémorable soirée partagée avec les doomeux de Barabbas. Un groupe entièrement animé par des filles et pratiquant de surcroit un heavy old school ne pouvait que nous taper dans l'oeil. Depuis, la formation a cédé à la parité en accueillant la paire de guitaristes Billy Laser et Sam Flash en remplacement de Kim Hell White et Levana. Nous n'en attendions pas moins avec une impatience non feinte le premier véritable album des Français, alléchés par des prestations scéniques bigrement énergiques et de prometteurs petits efforts dont une ébouriffante reprise de Dalida, 'Mourir sur scène' ! Sept ans après que le groupe a vu le jour, Fortunate's Gate débarque enfin pour ramoner nos cages à miel. En guise de remarque liminaire, soulignons que le line-up actuel apparaît comme le mieux armé pour propulser Furies vers les sommets qui lui sont destinés. Non pas que les précédentes damoiselles n'assuraient pas le job, mais force est de reconnaître que les deux gaillards apportent une assise en béton armé qui faisait quelque peu défaut au quatuor durant ses vertes années. Deuxième constat, les Parisiens ont eu raison de prendre leur temps afin d'enfanter les meilleures chansons possibles. Ils ont donc mitonné un menu extrêmement accrocheur auquel il paraît bien difficile de résister. 


Dix titres, dix bombes d'un heavy metal comme celui usiné dans les années 80. Plus intemporel qu'anachronique ou nostalgique, cet opus ne sent pourtant jamais la naphtaline, mouliné par des musiciens à l'unisson d'une énergie sombre et ravageuse. Surtout, ces derniers ont l'intelligence de diversifier leurs attaques et de ne pas se contenter d'appuyer sur l'accélérateur. Certes, les saillies bien speed répondent à l'appel, de 'The Fortune's Gate' à 'Delusions Of Daylight' en passant par 'Unleash The Furies', pleins de ces cavalcades typiques des mythiques eighties, cependant que le chant haut perché de la charismatique Lynda ('You And I') ancre l'ensemble dans cette époque bénie. Jamais avare de ses griffes, la belle emporte tout sur son passage et s'affirme comme la principale locomotive du groupe. Mais entre les courbes plus lisses d'un 'Voodoo Chain', le sombre nectar d'un 'Never Say Die' et les lourds aplats du quasi thrash 'Antidote', assurément l'une de ses plus grandioses pépites, sans oublier l'immense et implacable 'Fire In The Sky', qu'éclaboussent des éruptions flamboyantes, l'album brille de mille feux et de mille nuances. Fortunate's Gate se montre donc à la hauteur des attentes. Participant, aux côtés de Meurtrières ou de Chevalier, de cette mode pour un heavy antédiluvien à la sauce féminine, Furies n'en détonne pas moins dans le paysage musical (metal ou pas) de l'hexagone avec son hard rock aussi fun que furieux, bourré d'un charme sombre et  vitaminé. Un futur grand ? Sans aucun doute ! (03.10.2020 | MW) ⍖⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...