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Ozric Tentacles - Sunrise Festival (2008)


Rien ne ressemble plus à un album de Ozric Tentacles qu’un autre album de Ozric Tentacles. Et en live, comme c’est ici le cas, c’est encore pire. En revanche, ce qu’il y a de rassurant pour le fan, c’est que lorsque l’on aime un titre du groupe, on est alors assuré d’accrocher à l’intégralité de sa discographie pantagruélique. Sunrise Festival se veut une carte postale fidèle de la prestation que les Anglais ont éjaculée lors du dit festival, en son (le cd) et en images (le dvd). Bel objet donc. Pour qui connaît les lascars et leur chaudron musical dans lequel baignent dans un bouillonnant mélange, rock progressif cosmique, musique psychédélique, dub et un peu tout ce qui passe, aucune déception en vue à l’approche de glisser ces deux supports dans la fente appropriée. Fidèle à une formule dont il ne se départira donc jamais (et c’est tant mieux) le Ozric déverse avec énergie et bonne humeur son torrent habituel de notes. Ed, le leader, branle son manche en bon virtuose qu’il est, à l’instar de ses trois autres partenaires pour une partouze furieuse qui file le tournis, fait les mains moites. La musique du groupe, joyeusement instrumentale et colorée est de celle qui vous donne la banane et surtout la gaule des grands jours, elle est une hampe de lancement dure et ferme à toutes les dérives possibles, aux jams infernales (d’ailleurs bien que structurées, ces saillies humides ont toutes des allures d’improvisations sauvages), véritable pandémonium orgiaque qui sent bon la fumette et les herbes de Provence. 


Comme toujours, ceux qui abhorrent la démonstration, la virtuosité soit disant stérile seront encore une fois au bord de l’écœurement et passeront leur chemin. Les autres, qui estiment que le groupe sait néanmoins toujours rester groovy, digeste et accessible malgré l’étalage de sa dextérité technique, vont frôler l’orgasme à chaque instant de ce Sunrise Festival qui voit les Anglais se frotter la verge (sauf Brandy bien entendu, en dépit des déhanchés lascifs de sa basse volubile) en titillant les muqueuses de certains de leurs coups de boutoir parmi les plus réputés, tels que « Vita Voom », Jurassic Shift », « Snakepit », « Eternal Wheel » ou bien encore l’ébouriffant « Tidal Convergence » qui achève le set en beauté. Jouissif pour le moins. Comparer à son pendant audio, le dvd qui l’accompagne, sachez qu’il comprend un titre supplémentaire, « The Throbbe ». Voilà donc, une excellente illustration tant sonore que visuelle de ce que vaut sur scène le mad Ozric Tentacles et qui nous permettra de patienter en attendant la naissance d’un nouveau rejeton de plus. (27.07.2008) ⍖⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...