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Lawrence Gordon Clark - A Warning To The Curious (1972)


Entre 1971 et 1972, la BBC a produit une série de films fantastiques de Noël (A Ghost Story For Christmas) basée sur les écrits de M.R. James et initié par le réalisateur Lawrence Gordon Clark. A Warning To The Curious est le second téléfilm de cet ensemble. Il est aussi sans doute le meilleur. Avec peu de moyens, Clark parvient cependant à distiller l'effroi et à capter l'esprit sombre des légendes de la vieille Angleterre. C'est un récit d'atmosphères où l'inquiétude puis l'horreur naissent de ces paysages désolés du Norfolk et de la performance de plus en plus terrorisée et fiévreuse de Peter Vaughan dont on décrypte sur le visage la peur grandissante. 

Dans ce décor côtier austère et hors du temps, composé de quelques maisons serrées au bord de marais et d'une forêt alentour menaçante qui résonne de mythes venus du fond des âges, un archéologue part à la recherche d'une couronne mythologique sur laquelle veille farouchement et brutalement un fantôme qui massacre quiconque tente de s'en emparer. Le rythme pourra sembler lent mais dans cette froide quiétude, les brusques instants de violence surgissent avec une âpreté terrifiante. Beaucoup de charme et une ambiance aussi étrange que pesante se dégagent de cette rareté télévisuelle vernie de cette patine fantastique typiquement britannique. (29.04.2022) ⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...