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Evita - Minutes And Miles (2009)


Metalcore: voilà une étiquette qui fait peur ! Le genre, encore en pleine puberté, mais pourtant déjà à bout de souffle, se contente bien souvent de réchauffer avec plus ou moins (plutôt moins que plus d'ailleurs) de bonheur, des ingrédients issus du death-metal mélodique à la suédoise (celui de Göteborg pas de Stokholm cela va sans dire), et du hardcore US gras et rageur avec en plus, une petite cuillère de heavy metal pour adoucir la sauce. Allez donc dire aux mecs de In Flames ou At The Gates qu'ils font du metalcore, ils risquent de bien se marrer ! Ils n'ont pas attendu que des puceaux dont la peau ressemble à la surface de la lune gratouillent leur première guitare pour poser les jalons d'un metal direct et puissant. Bref, on a tendance à se méfier lorsque l'on voit débouler un groupe avec sur le coin de la gueule cette étiquette - une de plus ! - qui ne veut rien dire.  C'est précisément le cas avec Evita, patronyme étrange pour un collectif de ce genre, qui accouche aujourd'hui de son premier bébé, après un EP, Like Ocean, We Rise Again. Pourtant, ces Anglais méritent mieux que ces préjugés. Minutes And Miles le prouve et avec un sens de l'efficacité redoutable. Ces Rosbifs connaissent par coeur leur manuel "le metalcore pour les nuls" . Le chant, qui éructe plus qu'à son tour, est conforme aux canons du style, et les deux guitaristes photocopient avec une certaine maîtrise les plans mélodiques dignes du In Flames dernière période ("Absent", "Cracks In The Wall"...). 

Néanmoins, cela ne les empêchent pas de délivrer une belle brochette de cartouches imparables, accrocheuses et bien produites. Pas ou peu d'originalité ici, si ce n'est peut-être dans ces couplets en voix claire (ce qui toutefois a déjà été fait avant par Soilwork) ainsi que dans une très parcimonieuse touche plus pop, mais au moins Evita sait composer des chansons courtes et ramassées - entre trois et quatre minutes en moyenne - qui tiennent la route. Témoins, ces "Thrown To The Wolves", "Elusive Victories, Passive Trickeries", "Myself To You" et autre "Beneath My Feet" que cisaille un solo de guitare bienvenu, certes aux airs de déjà entendu fortement prononcés mais plutôt agréables. Par contre, le groupe gagnerait, sinon à s'émanciper de ses influences par trop évidentes, ce que la maturité lui permettra peut-être de réaliser, du moins à conférer à sa musique davantage de diversité, de variations, toutes ses compostions finissant par se confondre les unes avec les autres. Les amateurs me contrediront certainement... Une bonne surprise malgré tout dans un style très encombré. (2009 | MW) ⍖
                                   

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...