Accéder au contenu principal

Glittertind - Landkjenning (2009)


Des drakkars, Napalm Records en a plein les étagères, qu'ils soient black metal (Vintersorg), heavy façon power metal (Tyr), à chanteuse (Leaves's Eyes) ou tout simplement folk (Fejd). Il faut dire que les vikings ont le vent en poupe actuellement, alors...Tout d'abord repéré par le désormais défunt Karmaggedon, Glittertind mérite mieux que l'étiquette "à la Finntroll" qu'on a tenté de lui coller sur le coin de gueule, la faute à des artworks conçus par le même dessinateur que les Finlandais et la présence du mercenaire Henri Sorvali (Finntroll donc, amis aussi Moonsorrow, Barathrum et j'en passe) en charge des claviers sur le EP Til Dovre Faller. Au moins ce raccourci, quoique erroné, a le mérite de bien recentrer le champ d'action Glittertind. Oui, ça évoque les vikings, la nature, la mythologie scandinave ; oui ça a recours à des quelques instruments traditionnels (accordéon, flute...). Voilà. Mais eux sont Norvégiens et cette précision change beaucoup de choses. Moins sautillante, bien que parfois festive ("Longships And Mead") et surtout plus majestueuse, la musique forgée par le duo formé par Torbjørn Sandvik et Geirmund Simonsen évoque davantage les premiers efforts de Vintersorg (l'homme) avec Otyg. Le chant en norvégien qui impose une diction très particulière participe notamment de ce parallèle. Landkjenning est la troisième tournée d'hydromel et la première depuis 2003. Nombreux vont de fait certainement découvrir le groupe à travers le prisme de celui-ci. C'est une bonne chose car les progrès réalisés sont notables, aussi en bien en terme de prise de son que d'écriture.


Dès l'inaugural "Landkjenning", grandiose avec ces choeurs chaleureux et sa seconde partie contemplative, on sent l'appel des forêts éternelles, des sapins gigantesques. On est de suite happé dans ce tourbillon folklorique et chamarré. Avec l'entraînant et sombre "Nordafjells", la danse païenne s'accélère au rythme souligné par un violon champêtre en même temps que la nuit commence à tomber et avec elle les esprits mystérieux qui la peuple. Parfois à la lisière du progressif médiéval (l'excellent "Gar Min Eigen Veg" qui ouvre des espaces grisants), Glittertind mouline un folk metal généreux et agréable, enlevé toujours ("Jeg snorer min sekk"), majestueux également ("Brede seil over Nordsjo gar"), mélancolique et diaphane par moment ("Mot myrke vetteren", pause acoustique d'une belle sobriété). Les Norvégiens savent faire surgir des images comme venus du passé et honorer leur culture et leur patrimoine. Dans ce créneau des plus encombrés, ils trient leur épingle du jeu car ils ont su choisi leur camps, celui du folk, plutôt que de vouloir manger à plusieurs râteliers. Une réussite que la trop courte durée - 36 petites minutes, c'est peu - empêche d'atteindre le Valhalla. (2009) ⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...