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Articles

Affichage des articles du avril, 2026

Clint Eastwood - Mémoires de nos pères (2006)

Après Créance de sang (Michael Connelly), Mystic River (Dennis Lehane) et Million Dollar Baby (F.X. Toole), Clint Eastwood choisit à nouveau d'adapter un livre (de James Bradley), lequel raconte l'histoire de la célèbre photo de Joe Rosenthal immortalisant des soldats américains en train de planter la Bannière Etoilée au sommet du Mont Suribashi lors de la bataille d'Iwo Jima, parmi lesquels figurait le propre père de l'auteur. Si Steven Spielberg, qui la produite, est intéressé par l'adaptation, Clint y trouve pourtant un sujet selon son coeur. A quelques années près, il aurait pu être un de ces gamins envoyés se battre. Encore une fois, le film n'est pas ce qu'il a l'air d'être, n'empruntant pas la direction supposée. De fait, il est moins un métrage guerrier, même si les séquences de l'assaut de cette île du Pacifique sont très réussies, qu'une réflexion sur la notion d'héroïsme, fil d'Ariane d'une bonne partie de son oe...

Rotten Brain - Wait For Putrefaction (2023)

Après quelques petites rondelles avariées (démos et autres splits) comme les affectionne le genre et qui lui ont permis de se faire la main, d’aiguiser ses lames et crocs de boucher, est enfin venu le temps du premier vrai rôt pour Rotten Brain. Ses balbutiements grumeleux nous ont mis l’eau à la bouche, au fond de laquelle ils ont laissé un arrière-goût fétide mais délicieux. Pour qui aime le death bien baveux s’entend, celui qui attire les mouches, l’haleine chargée en mauvaise vinasse, celui qui patauge dans le jus finlandais (Funebre) et la barbaque des abattoirs US (Cannibal Corpse, Autopsy). Bref, du rétrograde et poisseux comme il se doit. C’est dans les vieux boyaux qu’on suce la meilleure semence, les deux gaillards (Darkness Prevails et Eddy Polo) l’ont bien compris, qui régurgitent avec la gourmandise d’un anthropophage ces morceaux de zombies purulents. On les savait biberonnés à l’horreur visqueuse d’un Massacre à la tronçonneuse dont semble être vomi leur death metal morb...

Clint Eastwood - Mystic River (2003)

Après plusieurs années qui l'ont vu enchaîner les  (bons) films au succès relatif, exception faite de Space Cowboys (2000), Clint Eastwood renoue enfin avec la réussite tant commerciale que critique grâce à Mystic River . Le point de départ est un roman de Dennis Lehane dont il confie l'adaptation à Brian Helgeland avec lequel il avait déjà collaboré pour Créance de sang mais pour un résultat bien inférieur et surtout moins fidèle au texte d'origine, ceci expliquant sans doute cela. Lehane affirmera plus tard que, parmi tous les films adaptés de son travail, celui de Eastwood demeure son préféré. Il faut dire que Clint a parfaitement su retranscrire l'ambiance et la psychologie du bouquin. Sous la couche du polar se développe en réalité une histoire tragique où les personnages ne peuvent échappés à une funeste fatalité. Le récit explore avec pudeur et justesse les conséquences que peut avoir un drame dans la vie de plusieurs personnes. Le film brasse de nombreux thème...

Mike Oldfield - The Complete (1985)

Avec ses 27 titres répartis sur deux disques pour plus de deux heures de musique, cette première compilation de Mike Oldfield porte bien son nom ; et il semble difficile de faire plus complet dans le genre, tant elle traverse toutes les voies qu'a explorées l'artiste, de ses longues pièces instrumentales et foisonnantes aux compos plus pop des années 80, de Tubular Bells en 1973 à The Killing Fields en 1984. Chaque disque est subdivisé en deux sections : la section instrumentale (qui, reconnaissons-le, n'a pas échappé aux affres du temps) et vocale ( illuminée par la présence de la chanteuse Maggie Reilly, comme sur le fameux "Moonlight Shadow") pour le premier ; la section complexe (avec les chefs-d'œuvre des années 70, plus la BO de La déchirure , dans des versions forcément tronquées) et une partie live intéressante ("Mirage" notamment) pour le second.  The Complete illustre surtout le gouffre stylistique qui sépare les premières expériences de...

Clint Eastwood - Piano Blues (2003)

Piano Blues représente le dernier segment de la collection The Blues regroupant sept réalisateurs qui, à l’initiative de Martin Scorsese, décrivent différentes facettes du blues. Clint Eastwood et la musique, c’est une longue histoire d’amour, débutée dès sa jeunesse quand l’acteur gagnait de l’argent en jouant du piano dans des clubs et autres bastringues. La musique, jazz et blues en particulier, occupe une place prépondérante dans son œuvre. Elle est au cœur de certains de ses films, tels que Un frisson dans la nuit , Honkytonk Man , dont on peut voir ici quelques images, et Bird bien sûr. Il compose fréquemment une partie, ou l’intégralité des bandes originales de ses longs métrages, surtout depuis Impitoyable, le plus bel exemple étant sa création dépouillée et mélancolique pour Million Dollar Baby . Enfin, il a produit plusieurs documentaires sur le jazz : The Last Of The Blue Devils de Bruce Ricker (1979, sorti en 1988) et Thelonious Monk : Straight No Chaser de Charlotte Zw...

Mike Oldfield - Ommadawn (1975)

A l'instar de la plupart des artistes de cette époque bénie pour la musique, Mike Oldfield n'est pas du genre à se tourner les pousses après la publication d'un de ses albums et ce, bien qu'il ne se produise alors pas sur scène. C'est pourquoi Ommadawn est déjà son troisième opus (voire quatrième si l'on compte la version orchestrale de Tubular Bells ) en trois ans ; et quand on connaît le foisonnement créatif du lascar et l'extrême richesse de son art, autant dire que cela tient de la gageure ! Cette cuvée 1975 ne déroge pas aux standards de qualité et d'exigence établis par ses deux gigantesques ainés, le fameux Tubular Bells , et Hergest Ridge ; il en reprend la trame et le format des chansons, tout en injectant au style si particulier du Britannique, quelques menues différences. Fragmenté en deux mouvements (plus un épilogue), Ommadawn s'apparente à un voyage musical au gré duquel l'auditeur se laisse entraîner, bercer, d'une manière trè...

Clint Eastwood - Créance de sang (2002)

Cette vingt troisième réalisation de Clint Eastwood s’appuie sur un livre de Michael Connelly. Le maître actuel du roman noir américain fournit donc un sujet solide et passionnant, basé sur un astucieux whodunit. Cependant le scénariste Brian Helgeland (aussi responsable de celui de Mystic River l’année suivante), s’est permis quelques libertés et mieux vaut ne pas être un inconditionnel du bouquin si l’on veut apprécier ce film pourtant très réussi. Au delà de l’intrigue narrant l’affrontement entre un ancien profiler du FBI et un tueur en série, on peut aisément relever ce qui a intéressé Clint Eastwood dans cette histoire. En effet, son personnage, Terry McCaleb (l’acteur est soit dit en passant peut-être un peu vieux pour le rôle) possède une faiblesse à la fois psychologique et physique. Ayant reçu le cœur d’une femme assassinée, un fort sentiment de culpabilité le ronge et le pousse à agir. Il s’agit d’un homme fatigué, usé, obsédé par une quête qu’il doit à tout prix accomplir....

Mike Oldfield - Tubular Bells (1973)

Nonobstant ses indéniables qualités, L'exorciste , un des chefs-d'œuvre de William Friedkin, doit cependant beaucoup de sa force d'envoûtement et d'évocation à son thème musical. En effet, qui n'a jamais entendu cette poignée de notes qui identifient immédiatement le film ? Or il s'agit des premières mesures de Tubular Bells , album entré depuis dans la légende, qui marque les débuts de la carrière de Mike Oldfield alors âgé d'à peine 20 ans (!), en même temps que ceux du label Virgin. Cette première offrande pose les bases du style que reproduira le Britannique durant les années suivantes, au moins jusqu'à Incantations (1978), style qui repose sur de très longs morceaux (généralement au nombre de deux), lesquels sont comme des voyages contemplatifs traversés de multiples atmosphères, essentiellement instrumentaux - le chant, quand il est présent (caverneux et oppressant parfois, comme sur la seconde partie), étant davantage utilisé comme un instrument p...

2 Is Better Than 1 (2020)

Tétant les gourmandes mamelles du saphisme et du massage érotique, 2 Is Better Than 1 ne se montre malheureusement ni à la hauteur de sa prometteuse jaquette ni d'un casting plutôt alléchant où l'on croise notamment deux plus belles hardeuses du moment, la bomba Luna Star et surtout Autumn Falls et son corps de rêve. C'est d'ailleurs la troisième et dernière séquence que la jeune actrice anime avec les blondes Scarlett Sage et Karla Kush, qui nous a le plus émoustillé... (01.03.2020) ⍖⍖

Moss - Cthonic Rites (2005)

Les crédits imprimés le plus simplement du monde à l’intérieur du maigre livret peut déjà nous renseigner quant à la teneur du contenu musical ( ?) de ce mystérieux méfait du groupe anglais Moss. Produit par Jus Oborn, gourou  ésotérique du cultissime Electric Wizard et masterisé par Greg Chandler, maître à penser du non moins culte Esoteric (amis du easy-listening, bonsoir !), Cthonic Rites ne peut être qu’une plongée en apnée dans les profondeurs de l’indicible. Le fait qu’il n’y ait au menu que deux titres ( !) pour 66.6 minutes ( !) doit être un autre indice pour  tous les doomeux masochistes toujours à la recherche DU disque le plus extrême dans sa lenteur agonisante. Et autant le dire tout de suite, ils ne seront pas déçus ! Nous tenons là même probablement l’un des machins les plus extrêmes, les plus jusqu’auboutistes jamais vomis par une scène doom, pourtant jamais avares en spéléologie musicale (Winter, Skepticism ou Tyranny en sont quelques exemples) ; au point que ...

Clint Eastwood - Space Cowboys (2000)

Œuvre importante dans la très longue carrière de Clint Eastwood, Space Cowboys l’est certainement. Après deux longs métrages, certes de grande qualité (Minuit dans le jardin du bien et du mal et Jugé coupable), mais n’ayant pas rencontré un grand succès, l’acteur se devait de prouver qu’il peut encore, à 70 ans, offrir un film majeur. Pari réussi vu le score au box-office (plus de 90 millions de dollars de recette). Ensuite, dix-huit ans après Firefox , Space Cowboys marque un retour à la science-fiction, domaine pour lequel Clint n’a pas une grande attirance, même s’il s’agit davantage ici d’une approche adulte du genre, comme L’étoffe des héros , que d’un space opera façon Guerre des étoiles . Entouré d’un trio de comédiens tous impeccables et joyeusement complémentaires, le grand Clint poursuit, avec cette vingt-deuxième réalisation, l’exploration de ce qui est devenu un de ses thèmes favoris de ces dernières années : le vieillissement de son personnage. Même s’il s’y livre moin...

Avatarium - Between You, God, The Devil And The Dead (2025)

Treize ans déjà qu'Avatarium sculpte un alliage très personnel entre Doom, hard rock et progressif, le tout nimbé d’un chant féminin aussi envoûtant que dramatique. Unanimement respectés, les Suédois ne bénéficient certainement pas du succès qu’ils mériteraient mais n’en poursuivent pas moins une carrière impeccable qui s’enrichit à un rythme régulier de nouvelles gemmes. Between You, God, The Devil And The Dead est le dernier en date. Les fidèles du groupe ne seront ni dépaysés ni déçus par cette sixième offrande qui se place dans la flamboyante et funèbre continuité de ses devancières. Si son identité a été esquissée dès le galop d’essai éponyme, Avatarium, en s’affranchissant peu à peu de la tutelle du bassiste de Candlemass qui l’a quitté quatre ans après ses débuts (Leif Edling), a su fixer un style assez unique, reconnaissable entre mille, que le successeur de Death, Where Is Your Sting , vient encore peaufiner davantage avec la ténébreuse et coutumière élégance de ses créat...

Clint Eastwood - Jugé coupable (1999)

Même s’il est vrai que Clint Eastwood ne déçoit jamais lorsqu’il passe derrière la caméra, livrant de bons ou d’excellents films, on a parfois l’impression qu’il se montre moins ambitieux quand il s’attaque au film d’action, contrairement au western (les quatre qu’il a réalisé sont des chefs-d’œuvre) ou à des genres qui lui sont à priori plus étrangers (le drame par exemple). Ainsi Jugé coupable , sa vingt et unième réalisation tournée entre Minuit dans le jardin du bien de du mal et Space Cowboys , ne constitue sans doute pas son film le plus brillant, ni le plus original. Mais un Clint, même mineur, demeure toujours bien supérieur à la plupart des longs métrages sortis ces dernières années. L’histoire est on ne peut plus classique et le scénario ne va pas sans quelques faiblesses. Mais Clint, en vieux briscard de la pelloche qu’il est désormais, en joue avec classe. Par exemple, son personnage prouve en quelques heures l’innocence de l’accusé, ce que des avocats en plusieurs années ...

Avatarium - Death, Where Is Your Sting (2022)

Au départ fruit de la collaboration entre Leif Edling, bassiste et fondateur de Candlemass, et Marcus Jidell, ancien guitariste d'Evergrey, Avatarium semble avoir passé ses dix premières années d'existence à tenter de s'affranchir de l'empreinte écrasante de la légende du doom suédois, qui l'a d'ailleurs quitté depuis cinq ans désormais, le laissant tracer sa propre voie. Six albums (dont le petit dernier) ont coulé sous les ponts, peaufinant une identité très particulière, modelé de prime abord dans le doom gainé de chant féminin mais auquel Jidell injecte une flamboyante dose de metal progressif et de hard rock. Résultat, Avatarium ne ressemble à nul autre. Fort de cette signature qui n'appartient donc qu'à lui, le groupe continue de tracer son chemin, de travailler son art, à son rythme, sans récolter le succès qu'il mérite, comme le démontre sa relégation en seconde division en quittant Nuclear Blast (qui l'hébergeait depuis ses débuts) pour ...

Clint Eastwood - Minuit dans le jardin du bien et du mal (1997)

Troisième film que Clint Eastwood réalise sans être aussi devant la caméra, Minuit dans le jardin et du bien et du mal constitue son œuvre la plus singulière. Peut-être est-ce pour cette raison qu’il n’apparaît pas dans celui-ci, préférant se concentrer sur cette histoire adaptée d’un roman à succès de John Berendt, lui-même inspiré d’un fait divers authentique survenu en 1981. Le film s’avère difficilement classable tant il se place à la frontière de plusieurs genres. C’est à la fois une enquête policière, un film de procès, un conte fantastique et parfois une comédie. Comme souvent chez Eastwood, le récit s’articule autour d’un héros qui pénètre au sein d’une communauté. Journaliste à New York, John Kelso (John Cusack, impeccable) est invité à Savannah afin de couvrir une fête annuelle organisée par le nabab de la ville, Jim Williams. Mais si d’habitude le héros eastwoodien agit et transforme (en bien ou en mal) la communauté qui l’accueille, tel le cavalier solitaire de Pale Rider ,...

Avatarium - The Fire I Long For (2019)

Tout d'abord présenté comme l'un des side-projects de Leif Edling, Avatarium tend peu à peu à couper le cordon avec la tête pensante de Candlemass, afin d'exister par lui-même. Chaque nouvelle offrande voit ainsi la griffe du légendaire bassiste s'effacer au point de voir son rôle désormais réduit à un simple patronage. Bien qu'il ne fasse officiellement plus vraiment partie du groupe, son influence n'en reste pourtant pas moins prégnante, moins pour les compositions - de plus en plus rares - qu'il signe encore que par son style reconnaissable entre mille dont se réclament les autres musiciens. Toute la difficulté pour ces derniers réside aujourd'hui dans leur capacité à faire évoluer, sans pour autant la dénaturer, cette identité très particulière que Eidling a fixée, à savoir cet alliage ensorcelant entre l'élégance d'un chant féminin et la puissance volcanique de guitares coulées dans le plomb, le tout nappé d'effluves progressives échappé...

Clint Eastwood - Les pleins pouvoirs (1997)

Après le triomphe de Sur la route de Madison (1995), Les pleins pouvoirs marque pour Clint Eastwood un brillant retour au thriller, genre qui, avec le western, a fait sa gloire. S’appuyant sur un scénario du vétéran William Goldman, le film s’ouvre sur une longue scène d’anthologie illustrant le cambriolage d’une riche demeure, le meurtre d’une jeune femme et enfin l’évasion du voleur, Luther Withney, interprété par Clint. Par sa virtuosité et par le voyeurisme qu’implique la cachette de Withney durant le crime (il se trouve derrière un miroir sans tain), on pense beaucoup à un autre remarquable cinéaste, Brian De Palma, sans doute à tort, Eastwood ne se laissant jamais influencer par ses contemporains. Mais la comparaison s’arrête à cette séquence. A la technique éblouissante et démonstrative de De Palma, Clint préfère une mise en scène élégante et discrète, mais néanmoins efficace. Les pleins pouvoirs prend la forme d’un thriller politique, développant une réflexion sur le pouvoir...

Avatarium - Hurricanes And Halos (2017)

Dans la vie d'un musicien, il y a des rencontres qui ont plus de valeur que d'autres. Pour Leif Edling, figure tutélaire du doom que l'on ne présente bien sûr plus, la jonction entre son inoxydable talent de compositeur et celui de Marcus Jidell, longtemps guitariste chez Royal Hunt avant de faire un passage rapide du côté de Evergrey (sur Glorious Collision ), marque un évident tournant dans sa pourtant longue et foisonnante carrière. D'abord associés, en live seulement, dans Candlemass, les deux hommes ne se quittent plus depuis quatre ans, entre Avatarium et The Doomsday Kingdom, soit déjà quatre albums (sans compter quelques miettes) mis en boîte. C'est comme si le bassiste avait enfin trouvé son partenaire idéal, son alter-ego, pour former une paire promise à devenir légendaire dans le giron d'un heavy doom enrichi d'arabesques progressives. Un an et demi après avoir accouché de The Girl With The Raven Mask qui faisait mieux que transformer l'essai...