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De Profundis - The Emptiness Within (2012)


Modeste offrande auto-produite dont on doit la découverte au défunt label Holy Records qui décida alors de la distribuer, Beyond Redemption dévoilait déjà un fort potentiel chez ce groupe au line-up international toutefois basé dans la Perfide Albion. Bien que maladroitement arrimé au Doom Death, se posant d'une certaine manière comme l'héritier d'une tradition britannique gravée par le triumvirat My Dying Bride/Paradise Lost/Anathema chère à certains de ses membres (partis depuis) issus de la formation de Funeral Doom Pantheist, la présence, certes éphémère, de Paul Westwood, futur batteur de To-Mera, était pourtant un indice quant à des velléités évolutives et anticonformistes qui n'allaient pas tarder à exploser au grand jour, à s'affirmer comme une des lignes de force chez De Profundis. A Bleak Reflection, trois ans plus tard, a confirmé ces atours d'une musique désormais définie comme de l'extrême progressif, étiquette informe collant à des explorateurs du son pour qui le death, le Black ou le Doom ne sont que le terreau propice à la création d'un art complexe à haute teneur technique et dont Opeth reste un des spécimens les plus plus évidents. 


On ne peut d'ailleurs s'empêcher de penser aux Suédois à l'écoute de "Release", un des neuf titres traversant The Emptiness Within, influence à laquelle le groupe injecte néanmoins des emprunts jazzy souvent étonnants. Mais ce ne sont pas les seuls. Du coup, à l'instar de ses aînés, ce troisième album se révèle délicat à décrire, à enfermer dans une case prédéfinie, ce qui est tout à l'honneur de De Profundis qui accouche, selon son habitude de compositions, sans doute moins tortueuses qu'à ses débuts mais toujours épiques, alambiquées, sombres, chargées en multiples arabesques. Le chant est caverneux, entre gorges profondes doomy et raclements Black ("Silent Gods") parfois plus clair ("This Wretched Plague"), se rapprochant alors du trop tôt disparu Without Face (précédent port d'attache de la chanteuse de To-Mera, d'ailleurs), la basse est ronde et groovy, les guitares tissent une toile dont chaque fil est une note mélancolique. Car en dépit de sa complexité, la partition jouée par le collectif n'est jamais vierge ni d'une tristesse sourde qui fait parfois plus qu'affleurer à la surface ("Delirium") ni d'une beauté qui éclate notamment lors de l'instrumental final, "Parallel Existence", sans doute le titre le plus progressif du lot. Lorgnant de plus en plus vers ce qu'on pourrait nommer le "Techno Doom/Death" (?), De Profundis réussit le grand écart entre extrême et virtuosité technique, en brassant les genres pour aboutir à un art étonnément fluide et des plus personnels, d'une richesse foisonnante. (23.04.2012 | MW) ⍖⍖⍖

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