De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le film est avant tout, et comme toujours avec Clint, plus intimiste que spectaculaire, à l'image du segment américain qu'anime un Matt Damon très sobre. Il forme avec Bryce Dallas Howard un duo complice et amusant dans des scènes particulièrement réussies nous faisant regretter que le maître ne s'essaie pas au registre de la comédie. Citons aussi la présence savoureuse de Derek Jacobi dans son propre rôle. Si la partie française sonne un peu faux, il n'en va pas de même de la partie anglaise, pleine de justesse et de pudeur où Eastwood, en quelques plans, montre la réalité sociale et culturelle du pays. Basé sur un récit habile de Peter Morgan (The Queen), Au-delà n'est pas le navet que certains prétendent mais au contraire un beau film mortuaire. Gageons qu'un jour, il sera réévalué à sa juste valeur, comme un film majeur de son auteur. (23.04.2017) ⍖⍖⍖
Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...




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