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Slough Feg - The Slay Stack Grows - Early Demos And Live Recordings (2009)


Au-delà de sa valeur archéologique évidente, cette collection de raretés de (The Lord Weird) Slough Feg est avant tout une manière de démonstration. En effet à l'écoute de cette double ration de deux heures, on mesure combien Mike Scalzi a eu raison de confisquer le micro au premier chanteur du groupe, Omar Herd. Le guitariste possède une voix O combien plus puissante et personnelle qui permet de propulser vers des sommets ces compos dont le combustible est ce heavy metal façon premiers Maiden. The Slay Stack Grows se divise donc en deux parties distinctes, chacune remplissant un disque. Pour le féru d'histoire et de fossiles, la première se veut sans doute la plus intéressante car elle permet de (re)découvrir la démo - en intégralité, s'il vous plait ! - The White Tape dont le carbone 14 la date de 1990, ainsi qu'une brochettes de titres capturés en concert soit cette même année (pour la plupart), soit en 1994 (pour les deux derniers). Un document d'histoire rare auquel on pardonnera le son forcément un peu faible et un sentiment de redite avec le volet live dont les chansons retenues sont majoritairement extraites de cette séminale démo.


Mais les compos sont là (notamment le gigantesque "Highlander"), toutefois Omar ancre le tout dans un socle assez sale, quasi punk qui ne lui sied par toujours. C'est pourquoi, on préfèrera se pencher sur la seconde partie exclusivement tournée, hormis un interview enregistrée en 2000, vers du matériau live et qui offre le "vrai" visage de Slough Feg, avec Scalzi au chant donc. Au programme, 15 morceaux (!) captés respectivement en 1999 (les trois premiers), en 2000 (les six suivants) et en 2002 (le reste) et balayant notamment les trois premiers albums du groupe, The Lord Weird Slough Feg, Twilight Of The Idols et Down Among The Deadmen. On a même droit à quelques extraits de Traveller pour le set de 2002, alors que cet opus n'est alors pas encore sorti ("High Passage Low Passage", Asteroid Belts"), lequel traduit l'évolution en terme de concept vers une approche plus futuriste. Bien qu'inégale, la prise de son s'avère tout à fait correcte, surtout les performances de San Francisco en 1999 et de Stuttgart. A noter enfin, un livret riche de photos et de visuels rares. de quoi satisfaire les geeks de ce groupe singulier et anachronique mais attachant. (2009) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...