Accéder au contenu principal

Cauldron - Chained To The Nite (2009)



La nostalgie fait vendre, croyez-le. Nous vous avons déjà beaucoup parlé de ces tous ces Marty McFly du progressif (Astra, Diagonal...) qui semblent s'être échappés des années 70, un peu moins de ceux qui sont restés bloqués dans la décennie suivante. Or, les années 80 sont un filon porteur. Wolf, Dark Forest sont quelques exemples de ces groupes qui ont  téter les mamelles de NWOBHM. La nostalgie est vendeuse, disions-nous. En effet car sinon comment expliquer qu'un aussi modeste trio que Cauldron, né des cendres de Goat Horns, formation canadienne qui a forgé le temps de deux albums, une sorte de heavy/doom décontracté, puissent signer chez Earache avec seulement un petit EP dans sa bourse ? Sans cette mode qui touche aussi bien le heavy que le thrash, gageons que cette sympathique équipe ne bénéficierait certainement pas de la même lisibilité auprès des médias et du public. Ceci étant dit, Cauldron mérite bien cette promotion éclair, comme le prouve ce premier galop d'essai longue durée. Tout y est : la pochette sexy dans l'esprit du heavy de série B des eighties, les jeans moule-bite, la production vintage (qui manque tout de même d'un peu de couilles), sans compter la voix de canard du bassiste Jason Decay. On s'y croirait. 


Chained To The Nite est donc un recueil jouissif, agglomérant neuf titres (dont une reprise de Black 'n' Blue) imparables aux allures d'hymnes immédiats qui donne envie de taper du pied et d'écluser des bières dans la bonne humeur d'un festival d'été. Sans grande originalité ni très ambitieuses certes, mais ce n'est là le propos, ces cartouches font toutes mouche, du maidenien "Dreams Die Young" au superbe "Young And Hungry", qui ouvre le bal, sans oublier un "Conjure The Mass" à la rythmique épaisse comme la semence masculine après deux jours d'abstinence et "Chained Up In The Chains" qui entre dans le caberlot pour ne plus en sortir. Tout ici a déjà été entendu mille fois, des riffs aux mélodies vocales, ok. Pour autant Cauldron sait éviter le piège du plagiat éhonté et facile. Ainsi, s'il fait sien les recettes de ses aînés, le groupe possède tout de même sa personnalité, comme en témoigne l'épique "Witch Trail", doté d'un tempo bien lourd et éclairé par un solo bien dans la tradition. Toute la force, et le charme, du groupe réside dans cet équilibre ténu, entre hommage et pompage. Les modes étant éphémères, on peut s'interroger quant la pérennité d'un tel projet dont on espère qu'il parviendra à poursuivre dans cette voie sans sombrer dans la photocopie, piège casse-gueule forcément dans la ligne de mire d'une telle entreprise. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir face un disque agréable, solide et surtout très fun. Et puis, de toute façon, avec un si délicieux visuel, comment Chained To The Nite pourrait-il être mauvais ?  (2009) ⍖⍖

                                    

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...