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Autokrator - Autokrator (2015)


Autokrator, ce nom ne vous dira sans doute rien mais celui de N.K.V.D., certainement davantage. Or, les deux entités partagent (au moins) un point commun, le musicien Loïc F. seul à la barre du second, entouré de quatre autres hères au sein du premier. Son évocation se veut déjà un indice précieux quant à la teneur de ce nouveau projet. Et doublement. Connaissant la sève créatrice qui coule dans les veines du bonhomme, la qualité de ce premier jet ne fait ainsi aucun doute, quand bien même la réussite de de Vlast puis de Hakmarrja n'est pas totalement reproduite (nous y reviendrons). Connaissant le bonhomme et son approche visionnaire enfin, les atours puissamment martiaux qui drapent tel une armure ce méfait éponyme ne surprennent pas tant que cela non plus. Pour autant, Autokrator ne noue au final que peu de liens avec N.K.V.D., si ce n'est ce même ciment autoritaire. 


Le Black Metal dictatorial cède ici la place à un maelström assourdissant où copulent Death mécanique, Drone halluciné et Indus tellurique. De cette masse pulsative n'émergent guère qu'un chant abyssal et pollué qui gronde et des samples d'une  force cataclysmique, maigres balises auxquelles l'auditeur tente de s'accrocher, avalé qu'il est par ce torrent de haine froide. Inutile de chercher à décrire chacune des pistes structurant l'album tant celles-ci se veulent en réalité les différents actes d'un unique ensemble, d'une tragédie doloriste. Et si à la fin, on n'est pas certain d'avoir tout compris de ce bloc (trop) unitaire bouillonnant d'une négativité funèbre,  il n'en demeure pas moins que celui-ci parvient à imprimer une atmosphère de fin du monde très particulière, ce qui lui confère une précieuse singularité. On ressort de sa défloration, vidé, asséché, presque agonisant. Tout d'abord offert sous le seul format digital, Iron Bonehead, pour l'édition vinyle, et Inferna Profundus Records, pour la tape, ne s'y sont pas trompés, devinant le potentiel d'une oeuvre certes imparfaite, parfois mal dégrossie sinon brouillonne mais brûlant d'une semence noire comme l'ébène, capable de vriller l'âme... (08.06.2015 | LHN) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Paradise Lost - The Plague Within (2015)

Actif depuis la fin des années 80, Paradise Lost pourrait aspirer à une retraite bien méritée. Mais les Anglais ne sont pourtant pas pès de se retirer dans un caveau. Pourquoi le feraient-ils d'ailleurs, poursuivant une œuvre exemplaire qu'aucun faux pas n'est jamais venu assombrir, pas même lors de leur période la plus commerciale (c'est-à-dire la moins Metal). Mieux, quand certains de leur génération se contentent d'envoyer une carte postale de temps à autre, les gars d'Halifax vont jusqu'à besogner ailleurs entre deux albums. C'est surtout le cas de deux d'entre eux - et pas des moindres - soit le chanteur Nick Holmes et le guitariste Greg Mackintosh, respectivement associés à Bloodbath et Vallenfyre. Nous aurions pu croire que le fait d'assouvir leur soif de death metal avec cette activité extra-conjugale leur suffirait, laissant leur principal port d'attache forger cet art gothique fixé depuis longtemps. Or, The Plague Within témoigne a...