Américain de sol, Vacant Eyes se veut en revanche plutôt scandinave de cœur, suédois, plus particulièrement, comme en témoigne A Somber Preclusion Of Being, son tardif premier album (le groupe est né il y a presque dix ans déjà), toutefois préparé par le EP "The Dim Light Of Introversion" survenu en 2014. Le mastering assuré par l'incontournable Jens Bogren et les glaciales racines dark doom extraites de l'œuvre de Katatonia, pour la tristesse funèbre, ou d'Opeth, pour les velléités progressives, participent notamment de cet ancrage dans les terres septentrionales européennes imbibées d'un éther nocturne et poétique. Le cadre est ainsi posé, temple d'un funeral doom plus sophistiqué que suicidaire, plus élégant que lugubre. Froidement mélodique donc. Le chant taille des gorges profondes spéléologiques, les guitares, belles et engourdies, tissent une toile obsédante dont chaque fil est une note de désolation, les claviers répandent une brume fantomatique quand ils n'égrènent pas de doux rais de lumière et une voix féminine caresse avec parcimonie une de ces six complaintes. Elève appliqué, Vacant Eyes récite non sans un brio certain et un sens de l'emphase bourgeonnante, un credo mortuaire éprouvé mais ô combien toujours aussi efficace et évocateur. Les esprits mélancoliques glaneront dans cet opus matière à nourrir leur spleen avec un plaisir aussi délicieux que masochiste.
De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...


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