Américain de sol, Vacant Eyes se veut en revanche plutôt scandinave de cœur, suédois, plus particulièrement, comme en témoigne A Somber Preclusion Of Being, son tardif premier album (le groupe est né il y a presque dix ans déjà), toutefois préparé par le EP "The Dim Light Of Introversion" survenu en 2014. Le mastering assuré par l'incontournable Jens Bogren et les glaciales racines dark doom extraites de l'œuvre de Katatonia, pour la tristesse funèbre, ou d'Opeth, pour les velléités progressives, participent notamment de cet ancrage dans les terres septentrionales européennes imbibées d'un éther nocturne et poétique. Le cadre est ainsi posé, temple d'un funeral doom plus sophistiqué que suicidaire, plus élégant que lugubre. Froidement mélodique donc. Le chant taille des gorges profondes spéléologiques, les guitares, belles et engourdies, tissent une toile obsédante dont chaque fil est une note de désolation, les claviers répandent une brume fantomatique quand ils n'égrènent pas de doux rais de lumière et une voix féminine caresse avec parcimonie une de ces six complaintes. Elève appliqué, Vacant Eyes récite non sans un brio certain et un sens de l'emphase bourgeonnante, un credo mortuaire éprouvé mais ô combien toujours aussi efficace et évocateur. Les esprits mélancoliques glaneront dans cet opus matière à nourrir leur spleen avec un plaisir aussi délicieux que masochiste.
Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait. Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...


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