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Aspaarn - Oblations in Atrocity (2025)


Nous avions découvert Aspaarn en 2021 par l’entremise de Ancestral Genocides, première rumination garantie 100 % underground, prise de son (volontairement) pourrie, exhalaisons sinistres et noirceur séculaire au rendez-vous. Depuis, son unique maître des lieux, Solaris Lupus, n’a pas chômé, enrichissant à un rythme frénétique une discographie déjà bordélique, sans compter ses projets annexes, Svartokunnighet et son alliance avec Lord Valtgryftåke dont il était écrit qu’elle verrait la nuit tant Chilien et Suisse partagent une même vision de l’art noir, cryptique, glaciale et surtout primitive. Bref, l’homme n’est pas du genre de ceux qu’on surprend en flagrant délit d’évolution, ce raw black metal chevillé autant au corps qu’à l’âme. Quatrième méfait sous la bannière Aspaarn, Oblations In Atrocity le confirme de la plus morbide des manières, reptation malsaine dans les profondeurs de caveaux méphitiques aux allures de charniers décrépis dont toute cicatrice de beauté sinon de lumière est éconduite, évidés de la moindre concession mélodique, témoin ce ‘Silence Of The Gods’ décharné, pollué et dénué de toute balise permettant de se repérer dans cette brume macabre et cahoteuse. Noir c’est noir, mais surtout abominable. Hurlé, pétrifié, le chant est lointain, râle inaudible qui semble avoir être craché de la chaudière des enfers elle-même. 


Guitare, basse, claviers et batterie ne paraissent pas plus soignés, tordus et ne filant jamais droit le long d’une sente forestière avalée par les ténèbres. Au surplus, la durée des titres qui oscille entre six et dix minutes (à l’exception de ‘Boundless Hunger’), n’aide pas à leur pénétration, complaintes au tempo meurtri, déglingué, qui donnent l’impression de ne jamais vouloir mourir ou pire, d’aller nulle part, progressant (?) dans une nuit noire de façon chaotique (‘Memories In Suffering’), à tel point que ces 44 minutes semblent beaucoup plus longues qu’elles ne le sont en réalité. De cette masse squelettique, on peine à retenir quelque chose. Mais encore une fois, il existe bien une magie noire dans ce black metal archaïque et Oblations In Atrocity finit par inoculer son venin infâme, particulièrement au bout d’un ‘All Reaching Misery’ qui, dans sa dernière partie, se couvre d’une ambiance funèbre aux confins d’un dungeon synth minimaliste échappé d’une geôle putride. Plus que jamais, Aspaarn se repaît dans les boyaux d’un art noir ancestral dans sa dimension crue et ce faisant, ne s’adresse qu’aux plus orthodoxes d’entre vous que n’effraient pas les remugles osseux et nocturnes tout ensemble. (05.04.2025 | LHN) ⍖⍖

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