Accéder au contenu principal

Nattefrost / Fenriz's Red Planet - Engangsgrill (2009)


Fenriz + Nattefrost : voilà une association qui fait peur ! Malgré tout le respect que l'on peut avoir pour ces deux figures emblématiques du black metal norvégien qu'ils ont grandement contribué à façonner avec leur groupe respectif, Darkthrone pour le premier, Carpathian Forest pour le second, cela fait malheureusement longtemps qu'ils ne font plus l'unanimité et à fortiori en solo. Pour beaucoup, ces deux lascars ont perdu tout leur intérêt. De ce fait, l'annonce d'un split les réunissant tous les deux n'a pas excité grand monde, hormis peut-être quelques geeks prêts à tout avaler aveuglement à partir du moment où il y a le nom de ses musiciens quelque part. Engangsgrill rassemble donc huit étrons fumants, trois pour Fenriz et cinq pour Nattefrost. A leur écoute, on n'a l'impression d'avoir affaire à des titres demeurés sur le carreau qu'aucun des deux parties n'étaient arrivés à placer. Alors, qu'est-ce que ça vaut ? Est-ce que c'est vraiment si mauvais ? De ce combat, c'est assurément le batteur de Darkthrone qui sort vainqueur. Sous la bannière Fenriz's Red Planet, le rocker vidange plutôt un bon true doom à la sous-Reverend Bizarre mâtiné de proto heavy metal des seventies. Les standards de qualité chers au père d'Isengard y sont bien sûr alignés en rang d'oignons : prise de son garantie sans OGM, canevas simpl(ist)e, interprétation dépouillée. 


Bref, ces trois morceaux, gravés en 1993 et restés au grenier depuis, portent la signature du Fenriz qui s'est chargé de tout y compris du chant rugueux. Pas très ambitieux certes, mais l'ensemble n'est pas plus nul que les derniers efforts de son Darkthrone. Et si on est loin de la réussite du Vorunah de Sarke dans lequel on retrouve son compère Nocturno Culto, le résultat dépasse de la tête et des épaules la contribution de son pote Nattefrost qui semble être à l'origine du projet. Celui-ci usine son espèce de (faux) punk black metal crado comme il l'affectionne aussi bien solo qu'avec désormais Carparthian Forest. Les amateurs apprécieront certainement. On se demande bien pourquoi... Quel est l'intérêt de cette bouillie qui donne plus envie d'écluser des bières que de taper du pied. Ces cinq morceaux sont peu élaborés, sans charme et finissent tous par se confondre, la faute à un tempo identique de l'un à l'autre, hormis le temps du malsain "Lustmord", seul d'entre eux à sauver. Engangsgrill ne risque pas en définitive de redorer le blason de ses deux géniteurs, quand bien même Fenriz s'en sort mieux que son compagnon. Un split à prendre pour ce qu'il est : un produit destiné à vider les bourses des fans (il en reste encore quelques uns) de ces deux "monstres sacrés" qui ne semblent pas s'être pris au sérieux. On pourra au moins leur reconnaître cette qualité. (2009) ⍖
                                 

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...