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Blindead - Autoscopia / Murder In Phazes (2008)


Polonais de sang peut-être, Blindead est par contre plutôt américain de coeur. Avec à son bord pas mal de mercenaires de la scène extrême nationale ayant oeuvré aussi bien pour Behemoth, Yattering, Neolithic ou Crionics pour n'en citer que quelques uns, ce groupe forge, depuis 2003 sous ce patronyme et depuis 1999 sous celui de Incorrect Personality un doom évolutif ultra pesant qui n'est souvent pas sans évoquer les chantres du post-rock US. Le chant, rugueux et agressif participe notamment de cette filiation, évidente dès le titre d'ouverture de ce deuxième album, 'Phaze I : Enlightenment'. En outre, les climats viciés et suffocants au souffle apocalyptique magnétique sculptés par les Polonais tendent également une perche vers toute cette frange du doomcore à la Neurosis, Isis, Minsk. Comment ne pas songer à ceux-ci à l'écoute du grandiose 'Phaze III : Blood Bond'. Même lignes vocales au désespoir chevillé à la gorge, mêmes courbes rythmiques, mêmes riffs en forme de scalpel, mêmes ambiances granitiques sur fond de roulement de batterie au bord de la transe. Pour autant, on ne saurait réduire Blindead à une simple photocopie de ce que font ses compères d'outre-Atlantique, aussi réussie soit-elle. Le collectif apporte une touche plus progressive encore à ce matériau pétrifié. Basés sur un relief torturé et tortueux aussi brûlant que la roche volcanique, ces morceaux de lave massifs et généralement assez longs, comme le réclame le genre, répondent à un mode opératoire complexe qui fusionne lourdeur terrassante et sens des atmosphères terminales.


Subdivisé en plusieurs tronçons, Autoscopia/Murder In Phazes, reptation maladive à travers les décombres d'une humanité proche du chaos, semble suivre une trame précise, une trajectoire funeste. Ces sept titres, drapés dans des nuages d'effets et d'effluves hypnotiques, ont de fait quelque chose d'un labyrinthe vertigineux qui serpente entre explosions de rage et passages plus posés mais néanmoins toujours gangrenés par une mélancolie poisseuse dont le guide sont ces guitares douloureuses. Du haut de ses dix minutes, 'Phaze II : Phenomena' illustre très bien cette propension qu'à le groupe pour balader l'auditeur entre deux pôles car il dessine un paysage figé dans la tristesse et traversé de fêlures noires et profondes. Et lorsque des espaces mortifères suspendus au-dessus du vide le cisaillent lors d'une dernière partie qui atteint une dimension tellurique aussi gigantesque qu'envoûtante, la fin du monde n'a jamais paru aussi proche. Si le chant quand il est clair et aérien confère à ce canevas une lumière salvatrice planante bien qu'éphémère, "Autoscopia/Murders In Phazes" est un bloc, un concentré de matière brute qu'il est préférable d'aborder dans sa totalité plutôt que par petits bouts pour pouvoir pénétrer son noyau et goûter l'essence de son fluide vital, chaque titre formant une marche vers des arcanes ténébreuses qu'incarne le monumental 'Phaze IV' qui ouvre durant plus de douze minutes les vannes d'une souffrance inexorable derrière laquelle est pourtant tapie une beauté presque irréelle. Le chanteur y expose sa rage, les riffs pleurent une résignation absolue avant que la complainte ne meure sur un fracas d'effets cosmiques noyés dans la réverb' à la limite de la cacophonie et de l'ambient nébuleux. Bien entendu, on ne peut nier que les Polonais arpentent des excavations déjà balisées par d'autres avant eux, cela ne les empêche toutefois pas d'accoucher d'un très grand disque dont on est pas près d'avoir fait le tour. Une découverte. (2009) ⍖⍖⍖

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Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

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