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Laudanum - The Coronation (2009)


Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée (The Apotheker), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "In Obscura"...), The Coronation a tout de l'expérience sonore dont l'écoute laisse de profondes morsures. 


Peu accessible car sans vraies balises pour guider le malade dans ce brouillard électrique épais et parfois bruitiste, il est facile de se perdre dans ses arcanes. La voix est répulsive, les guitares érodent le peu de mélodies qui se dégagent de ce bloc ("Wooden Horse") et on est presque soulagé lors que les ultimes mesures résonnent au bout des onze minutes le long desquelles s'étire "Apotheosis", instrumental ambient oppressant, sorte de mur blanc apocalyptique. Pourtant, telle une drogue, on y retourne bien vite, magnétisme masochiste qui nous attire dans ce couloir tortueux dont on découvre la valeur qu'en multipliant les pénétrations fiévreuses dans son intimité noire. Absurde et laid, The Coronation est un oeuvre subjective, vide et sans le moindre intérêt pour certains, effroyable et donc réussie pour d'autres. A vrai dire, la vérité se situe probablement entre les deux. Une gangrène, une décharge, pulsation organique qui ne laissera donc pas mal sur le bord de la route, The Coronation est à prendre la nuit étendu sur le lit à regarder la vie défiler sans but ni joie. Gris et dérangeant. (2009) ⍖⍖⍖

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