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Thumos - Symposium (2023)


Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis. Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un, puisque ni crédits ni photographies ne sont diffusés. Ce n'est pas grave et participe du charme énigmatique de cette entité qui ne cesse donc de nous envoûter et de nous surprendre. Ce que démontre le successeur de The Course Of Empire, collaboration avec Spaceseer. 

A première vue, de sa pochette à son titre, référence au Banquet de Platon en passant par son expression instrumentale, Symposium continue de creuser le sillon entamé par ses aînés. Ce qui est le cas en effet. Pourtant, dès la longue introduction 'Phaedrus', l'opus étonne par sa dimension quasi symphonique tandis que 'Pausanius' puis 'Eryximachus' tracent un chemin sinon mélodique, moins grave dans tous les cas, auquel Thumos ne nous avait guère habitué, sans pour autant rogner sa personnalité, lourde et souterraine qui n'appartient définitivement qu'à lui. On en veut pour preuve le gigantesque 'Aristophanes' dont la force aride et mélancolique ensorcelle. Il est d'ailleurs curieux que ce poète comique lui inspire un titre aussi crépusculaire. Apogée de cet album, il s'impose aussi comme une des compositions les plus abouties de son créateur. La seconde partie de l'écoute continue de nous surprendre. Toute en progression, 'Agathon' est une lente et sinueuse reptation qui vibrent de ces guitares gonflées d'une sève désespérée alors que 'Diotima' brille de cet éclat symphonique qui caresse une bonne partie du menu et qui culmine lors de l'épopée terminale et quasi cinématographique 'Alcibiades', du nom du stratège athénien qui se confond avec la guerre du Péloponnèse. Quant à 'Socrates', sous les coups de boutoir d'une instrumentation coulée dans un socle rocailleux, il n'en est pas moins porté par un élan quasi élégiaque. Moins tragique que The Republic, plus réussi que The Course Of Empire, Symposium voit Thumos renouveler son post metal toujours aussi singulier par des atours étonnamment symphoniques. Ce faisant, il ne cesse de nous émerveiller et ouvre finalement des perspectives d'évolution qui paraissent infinies. (21.01.2023) ⍖⍖⍖

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Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...