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Clint Eastwood - American Sniper (2014)


Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait. 

Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages de la guerre. Celle-ci est montrée dans toute sa brutalité, à l'image de ces vétérans qui tentent de se reconstruire. De fait et nonobstant l'incroyable intensité de ses scènes de combat, American Sniper est davantage le portrait fiévreux d'un homme brisé, mû par un but obsessionnel que chaque nouvelle opération en Irak enfonce un peu plus dans un abîme dont il ne reviendra pas. Le réalisateur peut compter sur la composition puissante d'un Bradley Cooper habité pour faire de ce long métrage une oeuvre extrêmement forte, sans doute la plus marquante de son auteur depuis très longtemps. A noter enfin que Clint fait une apparition furtive à la manière de Hitchcock, il est l’homme qui rentre dans l’église au début du film. (28.05.2017) ⍖⍖⍖




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