Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper, deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar, cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance, sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des acteurs peu connus, hormis Christopher Walken bien entendu (l'apercevoir en trait d'exécuter quelques pas de danse lors d'un générique final d'anthologie, est des plus savoureux), mais tous parfaits de naturel et liés par une belle et évidente complicité. Toujours à l'aise avec les sujets musicaux, Clint parait s'amuser, plus décontracté que jamais, ce qui ne l'empêche pas de livrer selon son habitude, une mise en scène tout du long impeccable et sans la moindre fausse note. En dépit de bonnes critiques et d'une bande-son irrésistible, Jersey Boys n'a pourtant pas rencontré le succès qu'il méritait, nouvel échec (relatif) pour le maître dont le dernier triomphe remonte alors à Gran Torino en 2008. American Sniper, en atteignant quelques mois plus tard les sommets du box-office, démontrera que son auteur peut encore attirer les foules. (21.05.2017) ⍖⍖⍖
De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...





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