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Articles

Affichage des articles du décembre, 2025

William Asher - A la limite du cauchemar (1982)

Malgré un début très efficace et prometteur, A la limite du cauchemar (aka Night Warning), déçoit malheureusement très vite. Les ambitions affichées par William Asher, plus influencé par le Psychose d'Alfred Hitchcock que par les slashers alors en vogue, ne peuvent rien face à une direction d'acteurs catastrophique, entre une Susan Tyrell en roue libre bien que son jeu suinte l'inceste par tous les pores, et un Bo Svensson franchement mauvais. Le métrage retrouve cependant des couleurs (rouges) lors d'une fin de parcours hallucinée. (25.06.2017) ⍖

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Ashra - Correlations (1979)

Ash Ra Tempel, Ashra, Manuel Göttsching : trois noms pour un seul et même artiste ? Pas sûr. L’homme étant particulièrement éclectique – quel rapport en effet entre le rock cosmique planant de Join Inn , la musique psychédélique de Starring Rosi et le stratosphérique Inventions For Electric Guitar par exemple ? -, son art revêt de nombreuses formes d’expression différentes. Bien qu’épaulé par les mêmes musiciens (dont le batteur Harald Grosskopft), Manuel Göttsching avec Ashra explore une voie très éloignée de celles de ses débuts. Le projet a évolué avec l’œil rivé sur la progression des technologies et de l’art musical. Correlations en témoigne.  A des années-lumière donc du style en vigueur sur les premières offrandes du maître, cet album braconne sur les terres de la musique disco et annonce ce faisant la mouvance dancefloor. Sons synthétiques, beats hypnotiques, mais toujours cette guitare atmosphérique qui signe l’identité de son propriétaire. Ce monument du genre ouvre se...

Tinto Brass - Caligula (1979)

Cela doit être étrange pour un comédien de signer pour un péplum érotique et de se retrouver finalement au générique d'un porno ! Pourtant, on peut affirmer que, privé de ses séquences et autres inserts hard filmés lors d'un tournage parallèle, Caligula n'aurait pas la force qu'il possède en définitive. Ceux-ci participent de la folie d'un film aussi démentiel que son sujet. Si les prises de vue se sont déroulées entre 1976 et 1977, l'oeuvre n'est sortie qu'en 1979 ou 1980 voire même en 1984 selon les pays et dans des versions différentes, oscillant de 100 à 160 minutes, conclusion d'un tournage chaotique qui a échappé à Tinto Brass pour coller aux fantasmes de son producteur Bob Guccione. Caligula est le fruit de la rencontre improbable entre des acteurs shakespeariens et des penthouse girls, entre le décorateur de Fellini, le monteur de Pasolini et deux maîtres de l'érotisme (voire plus). Le résultat ne peut être qu'un grand  film malade d...

Alain Payet - 2000 ans d'amour (2000)

Jamais à court d'imagination, le changement de millénaire inspire à Alain Payet, réalisateur emblématique du X hexagonal malheureusement décédé en 2007, cette fresque dont l'ambition (?) est raconté l'amour à travers les siècles. Sauf que parler d'amour est en l'occurrence forcément trompeur puisqu'on est ici en terre pornographique. Quelques bouts de décors et des costumes sont censés nous faire voyager dans le temps. Mais le principal est bien sûr ailleurs, dans ces belles séquences de cul qui convoquent quelques pointures du X français et plus largement européen. Il va sans dire que Silvia Saint domine la distribution, armée de son corps parfait et de ses lèvres expertes. (24.02.2020) ⍖⍖⍖

Kraken Duumvirate - The Stars Below, The Seas Above (2020)

Alors qu'on le croyait disparu, englouti dans l'eau glaciale d'un des mille lacs du pays qui l'a vu naître, Kraken Duumvirate revient enfin des limbes avec ce premier album que nous n'espérions plus. Les plus acharnés des doomeux se souviennent peut-être de From The Dying Soil To The Eternal Sea et plus encore de The Astroglyphs Of The Ritual Of Deluge , deux EP publiés entre 2008 et 2011, évoquant le possible fruit défendu né de l'effrayante copulation entre Tyranny et Aarni, soit deux entités parmi les plus hermétiques que le doom finlandais ait régurgitées, le premier pour sa noirceur cyclopéenne, le second pour son caractère, expérimental si on s'est levé du bon pied, totalement abscons si on est d'humeur grincheuse. Nous en étions donc restés là avec ce duo qui n'a toujours pas levé le mystère quant à son identité. Chez ces deux âmes, qui se font appelées Magus Polypus Apollyon III et Grand Architeuthis S. Dux, tout est question d'opacité. ...

Nattefrost / Fenriz's Red Planet - Engangsgrill (2009)

Fenriz + Nattefrost : voilà une association qui fait peur ! Malgré tout le respect que l'on peut avoir pour ces deux figures emblématiques du black metal norvégien qu'ils ont grandement contribué à façonner avec leur groupe respectif, Darkthrone pour le premier, Carpathian Forest pour le second, cela fait malheureusement longtemps qu'ils ne font plus l'unanimité et à fortiori en solo. Pour beaucoup, ces deux lascars ont perdu tout leur intérêt. De ce fait, l'annonce d'un split les réunissant tous les deux n'a pas excité grand monde, hormis peut-être quelques geeks prêts à tout avaler aveuglement à partir du moment où il y a le nom de ses musiciens quelque part. Engangsgrill rassemble donc huit étrons fumants, trois pour Fenriz et cinq pour Nattefrost. A leur écoute, on n'a l'impression d'avoir affaire à des titres demeurés sur le carreau qu'aucun des deux parties n'étaient arrivés à placer. Alors, qu'est-ce que ça vaut ? Est-ce que c...

Richard Fleischer - L'étrangleur de Boston (1968)

Inspiré de l'histoire vraie de Albert De Salvo, L'étrangleur de Boston se scinde en deux parties distinctes. La première, la plus réussie, met en scène les divers meurtres qui alertent la police puis l'enquête elle-même afin d'identifier le meurtrier. La seconde est consacrée à l'interrogatoire de celui-ci. Elle s'avère déstabilisante et dramatique quand on comprend que l'étrangleur ne se souvient, sincèrement, de rien. D'ailleurs, De Salvo, enfermé à vie, fut reconnu non responsable de ses actes. Richard Fleischer, qui est passé maître dans le polar ( L'énigme du Chicago Express , Les inconnus dans la ville ) et dans l'aventure mâtinée de science-fiction ( 20 000 lieues sous les mers , Le voyage fantastique ) livre ici une œuvre efficace dont le souci d'authenticité se reflète dans le style froid, presque clinique choisi pour retracer les agissements de ce tueur qui apparait en définitive plus comme une victime que comme un bourreau sanguin...

Furies - Fortunate's Gate (2020)

Notre première rencontre avec Furies remonte à 2015 et une mémorable soirée partagée avec les doomeux de Barabbas. Un groupe entièrement animé par des filles et pratiquant de surcroit un heavy old school ne pouvait que nous taper dans l'oeil. Depuis, la formation a cédé à la parité en accueillant la paire de guitaristes Billy Laser et Sam Flash en remplacement de Kim Hell White et Levana. Nous n'en attendions pas moins avec une impatience non feinte le premier véritable album des Français, alléchés par des prestations scéniques bigrement énergiques et de prometteurs petits efforts dont une ébouriffante reprise de Dalida, 'Mourir sur scène' ! Sept ans après que le groupe a vu le jour, Fortunate's Gate débarque enfin pour ramoner nos cages à miel. En guise de remarque liminaire, soulignons que le line-up actuel apparaît comme le mieux armé pour propulser Furies vers les sommets qui lui sont destinés. Non pas que les précédentes damoiselles n'assuraient pas le job...

Blood Of Kingu - De Occulta Philosophia (2007)

Activiste de l’ombre, Roman Saenko reste une énigme. Ni photos ni interview, l’homme n’existe qu’à travers son art, un art noir, décrié par toute une brochette de pisse-copies bien pensants mais révéré par beaucoup d’autres qui se moquent pas mal de l’idéologie ouvertement nationaliste et païenne dont chacun de ses groupes se parent, bien que celle-ci ait sans doute aussi attiré à eux certains autres. Hate Forest, Drudkh et Dark Ages résonnent comme des interdits, des noms impies entourés d’une aura de mystère. Au faîte du culte que nombreux vouent à ce groupe dans l’underground, l’Ukrainien a pourtant décidé de saborder Hate Forest en 2005 pour donner vie à un nouveau projet à la fois proche et différent : Blood Of Kingu. Désormais seul à la barre, Saenko y laisse de côté l’imagerie et la philosophie aryennes qui irriguaient les offrandes de Hate Forest pour se tourner vers des thèmes plus mystiques, touchant à la spiritualité de l’Orient sumérien et égyptien. Sur un plan strictement ...

Ang Lee - Raison et sentiments (1995)

Il était écrit que les noms de Jane Austen et d'Emma Thompson soient un jour associées. La première compte parmi les écrivains britanniques majeurs, romancière qui n'a eu de cesse de dépeindre les passions contrariées et la condition féminine corsetée au sein de la société de classes anglaise du XIXème siècle. Son oeuvre est redécouverte par le cinéma et la télévision dans les années 90 qui voient fleurir les adaptations ( Orgueil et préjugés , Emma , Mansfield Park ) officielles ou déguisées. En ce temps là, la seconde, quant à elle, est au sommet de sa notoriété, actrice admirable de sensibilité et d'intelligence que les travaux de Kenneth Branagh ( Henry V , Beaucoup de bruit pour rien ), de James Ivory ( Retour à Howards End et Les vestiges du jour ) ou le Carrington de Christopher Hampton ont imposée comme la comédienne élégante et romanesque par excellence du film d'époque. Rien d'étonnant donc qu'elle signe elle-même l'adaptation, par ailleurs extrêm...

Acârash - Descend To Purity (2020)

Si la Norvège ne constitue plus depuis longtemps l'épicentre de la chapelle black metal, dans ses entrailles prolifèrent néanmoins toujours d'excellentes créatures de la nuit. Acârash est assurément l'une d'entre elles. Formé en 2016, auteur deux ans plus tard du prometteur "In Chaos Becrowned", le trio se présente sur le papier comme l'artisan d'un black metal fissuré de plaies doomy. Dans les faits, il y a quand même beaucoup du Satyricon époque Now, Diabolical dedans. Ce qui n'est pas grave mais indique que le groupe ne se distingue pas tant que cela de ses aînés. Il suffit d'écouter l'entame de Descend To Purity pour mesurer combien est grand le tribut qu'il doit à Frost et Satyr. Ces guitares grésillantes, ce pouls percussif, ces vocalises un peu grincheuses et ces tempos plombés sinon catchy qui donnent envie de taper du pied ne nous sont donc pas inconnus mais font toujours leur effet. C'est donc un art noir à priori class...

The Howling Void - Megaliths Of The Abyss (2009)

L'éclectisme, c'est bien pratique. Prenez le cas par exemple du dénommé Ryan, que personne de connaît mais dont l'esprit d'ouverture lui permet aussi bien de promener sa carcasse dans les marécages du death/grind avec Bitch Hunter (qu'il a quitté), d'exalter les forces des ténèbres avec le blackeux Hordes Of The Morning Star et même de racler les riffs du drone tendance sludge avec Normpetersen ! Pas mal quand bien même il n'y a pas de quoi fouetter une none avec ces divers projets. C'est pour cette raison que l'on n'attendait pas forcément grand chose de The Howling Void, son joujou à lui tout seul grâce auquel l'Américain peut se frayer un chemin dans les méandres bien ravinées depuis quelques années du funeral doom. Et pourtant, son premier essai sous cette bannière, Megaliths Of The Abyss s'impose d'ors et déjà comme une des marches funèbres les plus belles composées depuis des lustres. Vous aimez comme le chant résonne comme un ...

Serge Leroy - La traque (1975)

Auteur d'une poignée de bobines jubilatoires ( Le mataf , Attention, les enfants regardent , Légitime violence ) entre 1971 et 1993, Serge Leroy demeure un artisan bien trop sous-estimé du polar et thriller à la française. On en veut pour preuve La traque , certainement son meilleur film, qu'il est permis de présenter comme une sorte de Chiens de paille de notre terroir. De loin, l'oeuvre ne paie pas de mine, série B terreuse où une jeune femme venue passer un rapide séjour en Normandie se fait violer par des chasseurs. Après avoir blessé mortellement son bourreau, elle se retrouve traquée par la meute. Voilà un programme qui annonce un spectacle rude garni d'une incroyable brochette de comédiens comme on les aime, de Michael Lonsdale à Jean-Pierre Marielle, de Jean-Luc Bideau à Paul Crauchet, de Philippe Léotard à Michel Constantin. Bref, la crème du cinéma hexagonal des années 70 que complètent Georges Geret, Michel Fortin ou Michel Robin, éternels visages sur lesque...

Paradise Lost - Obsidian (2020)

Une question pour commencer : Paradise Lost est-il capable d'enfanter un mauvais album ? Trente-deux ans de carrière et seize offrandes (sans compter les miettes) nous font dire que non, définitivement, les Anglais ne peuvent décevoir. Même lorsqu'ils ont (un peu) déserté les terres métalliques pour aller tâter de la musique pop et electro mais toujours noircie par une mélancolie tourbeuse, ils ont réussi à faire œuvre personnelle et à ne pas sacrifier leur immuable exigence. Il est même d'ailleurs permis de tenir One Second pour un de leurs meilleurs disques. Tout cela pour dire que la qualité est toujours au rendez-vous et que les qualificatifs finissent par manquer au moment d'aborder un de leur nouvel effort. Le fait que les Britanniques n'aient jamais renié leur passé, contrairement à Anathema avec lequel ils ont posé les bases du UK doom au début des années 90, les rend qui plus est éminemment sympathiques, musiciens sincères et passionnés qui ont le metal, g...

Cauldron - Chained To The Nite (2009)

La nostalgie fait vendre, croyez-le. Nous vous avons déjà beaucoup parlé de ces tous ces Marty McFly du progressif (Astra, Diagonal...) qui semblent s'être échappés des années 70, un peu moins de ceux qui sont restés bloqués dans la décennie suivante. Or, les années 80 sont un filon porteur. Wolf, Dark Forest sont quelques exemples de ces groupes qui ont  téter les mamelles de NWOBHM. La nostalgie est vendeuse, disions-nous. En effet car sinon comment expliquer qu'un aussi modeste trio que Cauldron, né des cendres de Goat Horns, formation canadienne qui a forgé le temps de deux albums, une sorte de heavy/doom décontracté, puissent signer chez Earache avec seulement un petit EP dans sa bourse ? Sans cette mode qui touche aussi bien le heavy que le thrash, gageons que cette sympathique équipe ne bénéficierait certainement pas de la même lisibilité auprès des médias et du public. Ceci étant dit, Cauldron mérite bien cette promotion éclair, comme le prouve ce premier galop d'es...

Christian De Chalonge - L'alliance (1971)

Œuvre aussi unique que précieuse, L'alliance est un film particulièrement étrange. Mais de toute façon, comment pourrait-il en être autrement venant de la part de Jean-Claude Carrière qui n'incarne pas seulement l'un des deux personnages principaux mais adapte son propre roman paru en 1962. Etrangeté d'un récit qui démarre dans l'absurde (ce vétérinaire au comportement curieux qui cherche une femme à marier avec pour seul critère de posséder un grand appartement), dévie dans le thriller paranoïaque pour déboucher sur une science-fiction apocalyptique. Etrangeté de la première rencontre entre Hugues et Jeanne aux allures de visite immobilière. Etrangeté toujours de leur relation vierge de la moindre trace d'amour bien que pour sa part, elle ressente pour lui une affection qu'il ne partage pas. Bien que mariés, ils continuent de se vouvoyer. Pour autant, lui développe très vite une jalousie obsessionnelle à l'égard de sa femme, consignant chaque jour ses ...

Buck Adams - The Adventures Of Buttgirl & Wonder Wench (1991)

Au début des années 90, le X américain a déjà sacrifié depuis longtemps l'ambition sur l'autel de la baise facile et efficace. Le scénario (?), parodie de supers héros, sert de vague prétexte à une enfilade de séquences hard. L'âme et la magie qui habitaient le porno de l'âge d'or se sont envolés. Reste Ron Jeremy pour une seule scène et -encore - un certain esthétisme feutré. (09.08.2017) ⍖⍖

Witchthroat Serpent - Swallow The Venom (2018)

Oubliez l’étiquette stoner qui lui est accolée on ne sait trop pourquoi, si ce n’est sans doute pour la parenté tant sonore que spirituelle qu’il noue avec Electric Wizard dont on ne comprend d’ailleurs pas non plus pour quelles raisons il est apparenté à ce style, Witchthroat Serpent est un pur groupe de doom. Il en a le corps, épais et rugueux, ainsi que l’arôme, brumeux et sépulcral.Après une première hostie au goût en effet prononcé de Jus Oborn, le trio toulousain a commencé, avec Sang-Dragon à s’affranchir quelque peu d’une référence à laquelle nous sommes toutefois bien obligés de penser, ne serait-ce que pour la voix enfumée et la guitare léchée par la rouille de Fredrik Bolzann. Mais, outre le fait que l’on ne peut, de par son pedigree aussi sincère que respectable (Habsyll, Darvulia…), accuser ce dernier d’être un banal suiveur, reconnaissons que les Français esquissent peu à peu une identité, aussi bien dans la forme que dans le fond, qui ne doit plus seulement à Electric W...