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Valfunde / Amesoeurs - Split (2007)


Ce split Valfunde / Amesoeurs est avant tout une histoire d’amitié, presque une histoire de famille, celle de Peste Noire. Valfunde est le projet solo de La Sale Famine de Valfunde, maître à penser de Peste Noire où l’on croise également Audrey S. et Neige eux aussi véhicules du funeste bubon tandis que Amesoeurs est le navire de Neige, secondé notamment par Audrey Sylvain. Plus qu’un split, une affaire de famille donc. Les deux entités nouent de fait bien plus de liens qu’un simple line-up en commun. C’est une même vision maladive et malsaine que l’on retrouve sur ces deux faces. Seulement, ils n’utilisent pas le même matériau. Valfunde, pour commencer, vidange deux étrons encore fumants qui forent la croûte d’un black metal primitif et déglingué.


Le premier titre, « Hôpital » se veut une espèce d’entame qui ne file jamais droit, drogué par des riffs pervertis. Lui succède « « Sérénade » de Verlaine » dont la gangrène vocale, répandu par Audrey S. dont le chant hystérique et androgyne est pour beaucoup dans le sentiment de malaise qui suinte de ces compositions, vous file des frissons et finit par tout contaminer. Un excellent crachat, où l’on reconnaît le talent d’écriture de Valfunde, lequel s’y entend toujours pour installer des atmosphères dégénérées et pourrissantes. Composé entre 2003 et 2004, « Les ruches malades » est la contribution d’Amesoeurs qui libère un rock atmosphérique bizarre plein de tristesse, lui aussi fissuré par le chant étrange d’Audrey S., sorte de voix de petite fille passé à travers un filtre et enregistré en accéléré. Dérangeant, à tout le moins. Une pièce de collection éditée en vinyle par le label De Profundis qui sent l’underground par tous les sillons. Indispensable. Forcément… comme tout ce qui émane de la famille Peste Noire. (01.02.2009) ⍖⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...