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Allan Dwan - Quatre étranges cavaliers (1954)


Sous couvert d'une série B, Quatre étranges cavaliers est un western extrêmement intéressant, qui prouve qu 'un "petit" film par son budget et sa durée (moins d'une 1h20) peut être grand. Il ouvre pour Allan Dwan le dernier et meilleur chapitre de sa carrière où, associé au producteur Benedict Bogeaus, il enfile westerns (Tornade), polar (Deux rouquines dans la bagarre) et aventures (Les rubis du prince Birman), passés inaperçus à l'époque mais que les cinéphiles chérissent à raison. Malgré ses belles qualités visuelles (nombreux plans séquences, travellings à travers cette petite ville que l'on sent vivre et cette façon de montrer les extérieurs par des fenêtres), Silver Lode séduit avant tout pour son scénario, à la fois classique de par son thème cher au cinéma américain, celui du lynchage (on pense à Furie de Fritz Lang) et son récit "attentiste" basé sur une unité de temps et de lieu (comme dans Le train sifflera trois fois) et pourtant courageux dans sa charge absolument pas voilée du Maccarthysme. 

Ainsi, le scénariste ne s'embarrasse pas de pincettes ni de prudence, allant jusqu'à donner au méchant le nom du tristement célèbre sénateur, lequel sera d'ailleurs tué par une balle de son propre revolver ayant ricoché sur la cloche de la liberté ! Campé par un Dan Duryea grandiose, on sent pourtant que Mc Carthy n'est que l'allumette capable d'embraser une petite bourgade minée par les préjugés et de réveiller les bas instincts de ses habitants. Ce n'est pas pour rien que Dan Ballard (John Payne, parfait) trouvera de l'aide en une fille de saloon, elle aussi considérée comme le rebut d'une société bien pensante... (09/03/2018) ⍖⍖⍖





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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...