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Meurtrières - Ronde de nuit (2023)


Il y a un peu plus de trois ans maintenant, Meutrières frappait un grand coup avec son séminal EP éponyme, creuset fédérateur d'un heavy à l'ancienne - et à la française - (em)porté par un chant féminin du feu de dieu. En moins de trente minutes ô combien prometteuses, les Lyonnais ravivaient tout un pan du metal des années 80 usiné dans nos aciéries qui ont vu naître les ADX et autre Sortilège, tout en évoquant des formations internationales telles que les Canadiens de Cauchemar et plus encore les Finlandais de Chevalier. Nous étions donc nombreux à attendre de pied ferme le retour du groupe. C'est enfin chose (bien) faite avec Ronde de nuit qui, autant l'annoncer de suite, fait mieux que transformer l'essai. Présenté comme son premier véritable album, celui-ci n'est pourtant pas tellement plus long que son prédécesseur puisque qu'il ne franchit que de peu la demi-heure de musique. Ce n'est pas grave et participe chez les Français de leur volonté de se calquer sur les standards de jadis quand les galettes épousaient la (bonne) durée des vinyles. Ce format impose de toute façon un menu trapu, riche d'une poignée de chansons ad hoc. Sans remplissage ni superflu donc. 


Sans artifice ni affèterie non plus. Le son est brut de décoffrage et le contenu est à l'avenant, irrigué par des guitares acérés nourris aux grains de la NWOBHM. Taillé dans le béton, l'ensemble imprime un tempo soutenu sans toutefois être trop speed, le manche tourné vers le Killers de Maiden pour cette énergie ravageuse conjuguée à des mélodies toujours accrocheuses ('Tempête & naufrage'). Que ceux qui avaient été séduits par le EP ne soient pas inquiets du changement de chanteuse opéré depuis, car le registre haut perché de Fiona ne la distingue guère de Fleur, sa devancière. Vous lirez peut-être ici et là que la nouvelle venue agace par ses interventions trop appuyées voire sans nuances et qu'elle constituerait le point faible de ce disque. C'est en vérité tout le contraire car sa voix puissante ferre l'auditeur dès le 'Rubicon' franchi. Charismatique, presque théâtrale parfois, Fiona entraîne tout dans son sillage déclamatoire, injectant à ces compos batailleuses, un charme dramatique et une curieuse fébrilité. On l'imagine encapuchonnée, guidant cette ronde de nuit à travers un lacis médiéval de rues obscures dans le recoin desquelles sont tapis toutes sortes de dangers. Plongée dans un Moyen Âge nocturne non dénué de poésie, ce premier album de Meurtrières honore les promesses esquissées par son aîné, œuvre d'un groupe authentique, pétri de (bonnes) idées et d'une soif communicative d'en découdre. (19.10.2023 | LHN) ⍖⍖⍖

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