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Nick Millard - .357 Magnum (1977)


Ca ne commençait pourtant pas si mal. Un titre qui claque aux relents eastwoodiens, promesse d'une bronsonerie bisseuse, une jaquette affichant une jolie blonde laissant poindre quelques scènes avec un peu de nichons dedans... Las, .357 Magnum est en vérité un nanar pur jus dont il expose toutes les fâcheuses - ou rigolotes, c'est selon - caractéristiques : histoire confuse, des dialogues sans intérêts, des acteurs qui jouent avec les pieds, un réalisateur incapable de cadrer correctement, tous les visages étant coupés au niveau du menton ou pire, de la bouche ! Et tout ça s'étire sur près de 70 interminables minutes auxquelles on tente en vain de s'accrocher en suivant les aventures de deux gaillards. 

Mauvais, le résultat appelle pourtant une certaine indulgence car Nick Millard (Oddo, Fire In Her Bed !) fait partie de ces passionnés qui n'ont eu de cesse de bricoler des films avec des bouts de ficelles. Avec vraiment très peu de moyens, il réussit à nous faire croire que ses personnages baladent leur violence nonchalante aux quatre coins du monde, entre l'Angola, Tokyo, Londres et San Francisco. On devine tout du long de .357 Magnum un plaisir gourmand et presque enfantin qui incite (presque) à en pardonner la médiocrité. Mais de toute façon, un type capable de bizarreries comme filmer pendant plus de cinq minutes, alors que l'histoire s'achève, une fille en train de sucer un gode, ne peut être totalement nul ! Friand de perversions un peu louches et d'ambiances glauques, Millard est un homme de goût... (30.10.2021) ⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...