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Guy Hamilton - L'ouragan vient de Navarone (1978)


Comme son titre le laisse deviner, L’ouragan vient de Navarone est censé être la suite des Canons de Navarone, haut fait d’armes de Jack Lee Thompson en 1961. Mais aucun des acteurs du film original n’a été convié car désormais trop vieux pour rempiler. Robert Shaw et Edward Fox reprennent les rôles autrefois tenus par Gregory Peck et David Niven, seul véritable lien entre les deux bobines qui ne partagent donc pas grand-chose en commun. A commencer par la réussite et le succès. Si Guns Of Navarone s’avère être un des fleurons du film de guerre des années 60 en mode commando, on ne saurait en dire autant de cette inodore séquelle totalement anachronique dans le paysage cinématographique de la fin des années 70 qui voit les blockbusters de Steven Spielberg et autre George Lucas recouvrir d’une épaisse ringardise ce type de productions désormais vouées à se ramasser au box office. Les intrigues embrouillées avec traîtres et agents triples, tirés des bouquins de Alistair McLean ou qui s’en inspirent, fonctionnaient dix ans plus tôt (cf. le matriciel Quand les aigles attaquent) mais ne captivent alors plus grand monde comme en fera également les frais Le secret de la banquise en 1979. 


En outre, bien qu’il ait à son actif deux des James Bond les plus fameux (Goldfinger et Vivre et laisser mourir), un Harry Palmer (Mes funérailles à Berlin) ou La bataille d’Angleterre, Guy Hamilton peine à rivaliser en terme d’action avec la nouvelle génération de réalisateurs hollywoodien. De là l’échec tant artistique que commercial de L’ouragan de Navarone dont on se désintéresse bien vite malgré une dernière partie assez spectaculaire (l’explosion du barrage).  Il ne survit guère aujourd’hui que pour sa distribution laquelle ne tient pourtant pas toutes ses belles promesses. Aux côtés des impeccables Robert Shaw et Edward Fox (auxquels les voix françaises reconnaissables entre mille d’André Valmy et de Francis Lax confèrent au premier son habituel caractère bourru et au second, une touche presque humoristique) et d’un Franco Nero convaincant, Harrison Ford est étonnamment transparent (alors qu’il vient juste d’incarner Han Solo!), la séduisante Barbara Bach n’a pas grand-chose à faire ni à montrer (on la voit quand même prendre un bain !) tandis que Carl Weathers, dont on se demande ce que son personnage vient faire là, assure la caution racisée. Tout bien considéré, l’ensemble apparaît très mineur sans être pour autant honteux ni vraiment raté, film de guerre agréable à tout le moins.  (05.02.2024) ⍖⍖


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Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...