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Decrepit Spectre - Coal Black Hearse (2008)


EP de moins de vingt minutes peut-être (pour trois titres seulement), Coal Black Hearses, première carte de visite de Decrepit Spectre, n'en dessine pas moins déjà quelque chose d'énorme dont on attend désormais au plus vite et d'un pied (de bouc) ferme un successeur longue durée. Et pourquoi cela ? Parce que ce groupe se pose comme l'héritier de feu Seth, l'une des formations les plus intrigantes de la scène black metal hexagonale. Aux commandes, on croise donc la paire Heimoth et Cyriex (guitares), encadrée par deux membres de (Code), dans lequel a joué également Heimoth, projet norvégien façonnant un metal noir avant-gardiste, dont le fabuleux chanteur Kvohst. Et forcément, grâce à sa voix claire et profonde, reconnaissable entre mille, le norvégien tire Coal Black Hearse vers des contrées identiques à celle de (Code), dont on est bien obligé de parler à l'endroit d'un bijou tel que ce  "Graverider" qui entame la marche. 

Musicalement par contre, ces trois morceaux, peinture d'une décrépitude terminale, naviguent dans les eaux noires du Seth dernière période, à savoir ce black metal intense et incroyablement noir. Les guitares y sont des scalpels qui vous labourent les chairs ("Stranded Angels"). Vicieusement. Insidieusement, tandis que un chant haineux, agressif, répond constamment à des voix  plus aériennes, sorte de dialogue en noir et blanc superbe et jamais mécanique. Ni rapide ni down-tempo mais un peu les deux à la fois, Decrepit Spectre ouvre d'ors-et-déjà en quelques minutes la porte vers un univers d'une grande richesse. Prometteur. Forcément car les (unholy) forces (of evil) en présence possèdent l'âme des visionnaires et ont toujours eu l'intelligence de repousser constamment les limites d'un genre bien trop gangrené par un conformisme derrière lequel bien trop de traîne-savates cachent leur médiocrité. On tient là très certainement un futur grand... (2009) ⍖⍖
             
    

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...