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Jack Webb - -30- (1959)


Il n'y a pas que les stars de l'acabit de John Wayne, Burt Lancaster ou Kirk Douglas, qui ont le droit de jouer au réalisateur (avec plus ou moins de bonheur) mais les plus petits aussi. Tel est le cas de Jack Webb, un de ces visages familiers dont on ne sait jamais comme qu'ils s'appellent qui, après quelques rôles secondaires par-ci par-là (Boulevard du crépuscule, Okinawa), signent quelques bobines de série B plutôt sympathiques (La police est sur les dents) et triomphera ensuite à la télé grâce, entre autres, à la série Dragnet dont il sera aussi le créateur, le producteur et le metteur en scène. -30- est son quatrième film et avant dernier film derrière la caméra. Son échec l'aura peut-être définitivement poussé du côté petit écran. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'œuvre ressemble plus à un produit télévisuel qu'à un vrai film de cinéma. Cela suffit-il à expliquer l'impression mitigé que laisse son visionnage ? Non.  -30- a pourtant des qualités à faire valoir. 

Inspiré du Los Angeles Herald-Examiner, le scénario est signé par William Bowers, auteur surtout de La cible humaine (1950) de Henry King et de petits polars survoltés comme Abandoned (1949) de Joseph Newman, La loi des bagnards (1950) de Henry Levin, Dans la gueule du loup (1951) de Robert Parrish et plus tard, dans une veine humoristique, de La vallée de la poudre (1958) de George Marshall. La distribution, de laquelle émerge avant tout William Conrad, se révèle solide et non sans charme féminin (Nancy Valentine). En réalité, le film, trop bavard et dont Webb tente de briser le caractère statique, trouve sa force et sa faiblesse dans son format basé sur l'unité de temps et de lieu. Sa force car on devine le potentiel de ce qui reste un bon sujet (durant quelques heures, enfermée dans ses bureaux alors qu'il pleut à verse, la rédaction d'un journal prépare la une de l'édition du lendemain matin). Sa faiblesse car n'est pas Sidney Lumet qui veut. Et qui peut non plus. Voilà. (16.10.2020) ⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...