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Cy Endfield - Sea Fury (1958)


Après Train d’enfer (1957), Cy Endfield retrouve Stanley Baker à l’occasion de Sea Fury. Les deux films présentent des similitudes. On ne sait à nouveau pas grand-chose du personnage qu’interprète Baker, marin expérimenté dont le passé qu’il fuit l’oblige à accepter n’importe quel emploi sur le premier rafiot venu. Comme dans Hell’s Drivers, il rejoint une communauté, l’équipage d’un remorqueur dont les membres semblent avoir échoué dans ce misérable port espagnol aux allures de refuge figé au bout du monde. Mais cette fois, la rivalité qui sert de carburant à son histoire n’est pas virile et professionnelle mais plus classiquement amoureuse. De là sans doute la (relative) déception que suscite Requins de haute mer (titre français idiot comme souvent) dont il faut réellement attendre la dernière partie (le sauvetage en pleine tempête d’un navire transportant des barils de sodium qui menacent d’exploser au contact de l’eau) pour le voir renouer avec la force de son devancier. 


Victor McLaglen, dont c’est la dernière apparition à l’écran et qui a été embauché pour ferrer le marché américain, campe un vieux loup de mer attachant et porté sur la dive bouteille (ce qui n’est pas un rôle de composition pour lui) mais sa romance avec une jeune fille du village est bizarre, presque dérangeante. Celle-ci est incarnée par Luciana Paluzzi, toute en naïve sensualité. Mais là encore, son rôle est moins fort que celui de Peggy Cummins qui usait des hommes pour tenter de s’élever socialement. Poussé par son père dans les bras d’un capitaine trop âgé pour elle, Josita cherche moins à échapper à sa condition qu’à trouver l’amour. Au surplus, très à l’aise lors des séquences maritimes empreintes d'une rudesse toute masculine, Cy Endfield l’est beaucoup moins lorsqu’il pose sa caméra dans ce petit village que berce une mélancolie joyeuse bien loin de l’Angleterre boueuse et sinistre de Train d’enfer. Bien qu’inférieur à ce dernier, Sea Fury demeure cependant un bon film, trop classique sans doute mais porté par un Stanley Baker toujours aussi imposant avec ce mélange de force et sensibilité qui n’appartient qu’à lui et face auquel on reconnaît Robert Shaw dans son premier rôle important en second jaloux de ce nouveau venu. Baker et Endfield collaboreront à nouveau pour deux films d'une autre étoffe, Jet Storm (1959) et surtout Zoulou (1963).  (08.08.2023) ⍖⍖


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Doro - Doro (1990)

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Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...