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Archgoat - The Light-Devouring Darkness (2009)


Heureusement, il y aura toujours des affreux vilains pour forniquer avec la putain de Bethléem. Heureusement, le black metal crade comme de flot menstruel, blasphématoire et primitif existera toujours. Heureusement, il y aura toujours Archgoat qui a repris à son compte le flambeau abandonné dans la fange par l'ancêtre Beherit, avec lequel il a partagé la couche le temps d'un split référentiel en 1999. The light - Devouring Darkness avec sa délicieuse pochette due au mythique Chris Moyen est tout un poème : "Sodomator Of The Doomed Venus", "Fornicated Messiah", "The Dawn Of The Antechrist"... C'est bordélique et bestial à souhait avec des saillies qui font saigner les muqueuses et qui ne dépassent jamais les trois minutes. Les Finlandais violent les vagins auditifs avec leurs verges gonflées d'une vermine maléfique et pestilentielle. Mais derrière la provocation affichée et une musique (faussement) simpliste, il y a des mecs qui maîtrisent leur sujet. Faire du bruit sans patauger dans la cacophonie est tout un art et Archgoat fait partie des meilleurs empaleurs de chattes dans le genre. Certes, tout ça fonce à 100 à l'heure ("Worms Born Of Martyrdom" par exemple), certes la sodomie est pratiquée sans vaseline mais le groupe sait malgré tout rester presque mélodique dans sa façon d'écarteler les chairs, comme il sait ne pas se répéter dans un style pourtant rongé par des règles strictes et immuables.




The Light - Devouring Darkness est un maelstrom grouillant qui sent le sperme et exsude un fluide véritablement démoniaque. Essentiellement instrumentales, tant le chant est bouffé, gangrené par les guitares et une batterie déglinguée, ces dix crachats sont d'une violence hallucinante dont on sort exsangue ;  ils forment un seul bloc mangé par les vers dont chaque titre finit par se confondre avec celui qui lui succède. C'est un pilonnage en règle, un viol collectif. Et quand les Finlandais décident de serrer (par moment uniquement !) le frein à main, comme ils savent le faire sur le terminal "Tribulation Of The King Of Worms", le résultat est sans appel : terrifiant. Cet album - le second seulement du groupe - est court mais aller au-delà tiendrait du supplice (de Tantale ?) : en une trentaine de petites minutes, la messe invertie est dite. The Light - Devouring Darkness est un peu le Reign In Blood (un cran en dessous tout de même) du black metal primitif. Ca fait mal mais qu'est-ce que ça fait du bien parfois d'être pénétré à la préhistorique ! La tendresse, c'est bien, la sauvagerie aussi. De temps en temps... (2009 | MW) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...