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Pest - Dauðafærð (2003)


Certes, EP de 22 minutes, Dauðafærð n'est pas pour autant à négliger car il s'impose en dépit de sa courte durée (nous y reviendrons) comme un des blasphèmes black metal les plus réussis de ces dernières années. Il ne faut donc pas s'arrêter sur le nom de ce groupuscule planqué au fin fond de la Suède, cliché au possible - on ne compte plus en effet le nombre de formation œuvrant dans ce style et portant ce funeste patronyme -, ni sur sa pochette des bois ornée de sa gargouille grimée à la truelle. Non, Dauðafærð est une perle noire à savourer dans l'obscurité totale, en plein d'hiver, lorsque la nuit semble éternelle et d'une opacité telle qu'aucune lumière ne semble pouvoir la fissurer. Ce mini cd de Pest se résume en fait à un seul et unique titre de plus de vingt minutes, conduit par des riffs répétitifs qui forment l'archicube sur lequel repose cet édifice impie d'une sombre beauté. 


Bien qu'inspirée d'une complainte médiévale, ce qui n'a rien de surprenant lorsque l'on connaît la fixette que font les groupes de black metal sur cette période (faussement) obscure, la musique ne s'apparente nullement aux chansons à boire au coin du feu ou attablé dans une auberge. Bien au contraire, ce long morceau se veut méchamment evil, avec son chanteur (?) hurlant comme un loup-garou un soir de pleine lune, sans que les atmosphères glaciales si chères au genre ne soient pour autant remisées au fond d'un caveau transylvanien. Ces riffs, à force d'être répétés tels des coups de scalpel labourant la chair, finissent par dessiner et former une véritable transe hypnotique, ne pouvant vous emmener que dans un autre monde, sans espoir de retour. Mais aucun autre album depuis les premières hosties venimeuses de Burzum, Darkthrone, Emperor et Immortal, n'a su si bien rendre hommage à la nuit dans ce qu'elle a de plus glaciale et d'inquiétant et aux esprits maléfiques qui la peuplent. Superbe. (23.02.2007) ⍖⍖⍖⍖

 

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...