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Pest - Dauðafærð (2003)


Certes, EP de 22 minutes, Dauðafærð n'est pas pour autant à négliger car il s'impose en dépit de sa courte durée (nous y reviendrons) comme un des blasphèmes black metal les plus réussis de ces dernières années. Il ne faut donc pas s'arrêter sur le nom de ce groupuscule planqué au fin fond de la Suède, cliché au possible - on ne compte plus en effet le nombre de formation œuvrant dans ce style et portant ce funeste patronyme -, ni sur sa pochette des bois ornée de sa gargouille grimée à la truelle. Non, Dauðafærð est une perle noire à savourer dans l'obscurité totale, en plein d'hiver, lorsque la nuit semble éternelle et d'une opacité telle qu'aucune lumière ne semble pouvoir la fissurer. Ce mini cd de Pest se résume en fait à un seul et unique titre de plus de vingt minutes, conduit par des riffs répétitifs qui forment l'archicube sur lequel repose cet édifice impie d'une sombre beauté. 


Bien qu'inspirée d'une complainte médiévale, ce qui n'a rien de surprenant lorsque l'on connaît la fixette que font les groupes de black metal sur cette période (faussement) obscure, la musique ne s'apparente nullement aux chansons à boire au coin du feu ou attablé dans une auberge. Bien au contraire, ce long morceau se veut méchamment evil, avec son chanteur (?) hurlant comme un loup-garou un soir de pleine lune, sans que les atmosphères glaciales si chères au genre ne soient pour autant remisées au fond d'un caveau transylvanien. Ces riffs, à force d'être répétés tels des coups de scalpel labourant la chair, finissent par dessiner et former une véritable transe hypnotique, ne pouvant vous emmener que dans un autre monde, sans espoir de retour. Mais aucun autre album depuis les premières hosties venimeuses de Burzum, Darkthrone, Emperor et Immortal, n'a su si bien rendre hommage à la nuit dans ce qu'elle a de plus glaciale et d'inquiétant et aux esprits maléfiques qui la peuplent. Superbe. (23.02.2007) ⍖⍖⍖⍖

 

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