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Pendejo! - Sin Vergüenzä (2018)


Si le conformisme est souvent de mise au sein de la chapelle stoner où tous les groupes se sentent obligés de recourir à des codes immuables, tel n'est pas le cas de Pendejo dont le manche est planté dans un sol hispanique (alors que ses membres sont hollandais !) tandis que son chanteur, le patibulaire El Pastuso manie la trompette avec la même aisance qu'un jargon qu'on devine assez ordurier. Atacames, le deuxième effort des Bataves, avait fait souffler un vent de fraîcheur sur le stoner doom il y a quatre ans. Nous sommes donc tout heureux de les retrouver, très en forme qui plus est. L'inspiration dressée fermement, ils accouchent avec Sin Vergüenzä d'un méfait dans la droite lignée de ses prédécesseurs mais en mieux. Si, de par ses singuliers attributs le groupe est aisément reconnaissable dès un 'Don Gernan' épais comme un bon cassoulet, sa formule paraît cette fois-ci encore plus maîtrisée. Solidement charpentées, les compos se révèlent plus redoutables encore, détentrices de cette espèce d'agressivité solaire qui n'appartient définitivement qu'à leurs géniteurs.


Alors que le socle rugueux et les lignes de chant gouailleuses l'enrobent d'une lourde couche de saleté voire de méchanceté, la trompette insuffle beauté et gravité ('El Timon Holandes') à un menu plus travaillé et nuancé. Témoins ce 'El Espejo' qui a quelque chose d'une ballade crépusculaire ou bien encore 'Facista', longue et pesante reptation. Ce faisant, cette troisième enclume évite de sombrer dans le redondant contrairement à Atacames au demeurant sympathique. Toutes ses saillies font mouche, souvent acérées, toujours caillouteuses. Le cuir tanné, les Hollandais ont des allures de mariachis dont les instruments sont gonflés d'un magma croûteux qui s'échappe en une lave abondante traçant dans le sol des stigmates vicieux. Le charme opère, à la fois ténébreux et bourru, car derrière les curieux artifices qui font la personnalité du combo, il y a des mercenaires aguerris, issus aussi bien des rangs de Bitcho ou de ReVamp, qui coulent une écriture imparable dans le creuset d'un stoner massif et grumeleux. Résultat, Sin Vergüenzä est l'album le plus convaincant de Pendejo qui mérite d'être découvert au plus vite. (26.02.2019 | MW) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...