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Nyktalgia - Nyktalgia (2004)


Bien  qu'haïe par nombre de gratte-papiers bien pensants, le fait est que l'œuvre de Varg Vikerness et de son Burzum est responsable de toute une frange de la scène black metal actuelle, celle qui s'enfonce corps et âme dans un art noir et suicidaire, préférant les longues, lancinantes et répétitives sentences de mort aux exécutions brutales et rapides. Membre de l'écurie No Colours Records (le nom est déjà tout un programme), laquelle abrite en son sein, une tripotée de groupuscules de ce type, Nyktalgia a admirablement assimilé les préceptes du Count Grishnack, avec sa voix de gargouille écorchée, ses 4 longs titres en 40 minutes, ses mid-tempos obsédants (emporté par des blast furieux, "Cold Void", infirme cela néanmoins), ses riffs de guitares grésillants ultra répétitifs et ses ambiances lugubres qui suintent un profond désespoir. Et même si la production se veut plus claire, moins polluée que celle de Burzum, le rendu est identique ; les Allemands accouchent d'une sorte de transe funèbre et hypnotique qui vous entraîne dans son sillage telle une danse de la mort. 


Parfois proche de Nargaroth, Nyktalgia dresse une cathédrale de misanthropie, moins glauque que les monuments impies bâties par Xasthur ou Leviathan, mais tout aussi malsain et suicidaire. D'une sombre beauté et somme toute très mélodiques (?), "Misere Noblis", "Lamento Larmoyant" et surtout "Exilus Letalis" sont comme un venin noir et rampant qui vous ronge de l'intérieur. Ces cris de haine maladifs ne peuvent que trouver un réceptacle dans toutes les âmes tourmentées vomissant sur une société aseptisée gangrénée par le conformisme, auxquelles ce disque est clairement destiné. Certes true black de base peu original - mais l'originalité à tout prix est-elle réellement compatible avec l'esprit du pur black metal ? -, signé sur un label à la philosophie que d'aucuns jugeront nauséabonde, ce premier méfait éponyme se hisse largement au-dessus de la mêlée. (22.04.2007) ⍖⍖⍖

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