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Vincent McEveety - The Last Day (1975)


Grâce - ou à cause - de Lucky Luke, nombreux sont ceux à confondre les Daltons avec une pathétique bande de pieds nickelés, oubliant ou ignorant même qu'ils ont bel et bien existé. Et ce n'était pas vraiment des rigolos, semant la terreur et rivalisant avec les frères Younger. En 1892, l'ambitieuse attaque de deux banques à la fois, dans la petite bourgade de Coffeyville stoppe leur odyssée sanglante. C'est la préparation de ce braquage et la fin des frères Dalton que The Last Day entreprend de nous raconter. Contrairement à nombre de téléfilms westerniens de la même époque, celui-ci privilégie la psychologie à l'action, brossant le portrait croisé d'un vieux tireur à la retraite (Will Spence qui semble n'avoir jamais existé) et de la funeste bande de hors-la-loi dont le scénario ausculte les rêves et les déceptions. Loin de brutes épaisses, Vincent McEveety (La Coccinelle à Monte-Carlo) esquisse des frères Dalton et de leur compagnons des personnalités complexes, mélancoliques et finalement attachantes. 

Cette dimension attentiste sinon intime rend la violence de l'attaque de banque(s) et la fusillade mortelle qui a suivi, plus sèche encore. Cette approche ambitieuse méritait sans doute mieux que le format étriqué d'un téléfilm que parasite une voix off d'un autre âge. De cette reconstitution minutieuse et en définitive sans doute la plus fidèle à la réalité, nous ne retenons que la prestigieuse distribution qui l'anime. Sont ainsi convoqués pour ce morceau d'histoire américaine, Richard Widmark, Barbara Rush, Gene Evans et surtout, pour donner vie à la bande des Dalton, Robert Conrad, surprenant et charismatique en Bob Dalton, Tom Skeritt en alcoolique, Richard Jaeckel, Christopher Connelly et Tim Matheson. (27.03.2021) ⍖⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...