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Ted Post - Pendez-les haut et court (1968)


A l'instar de beaucoup d'acteurs américains venus comme lui trouver du boulot en Italie, Clint Eastwood aurait pu rester dans la péninsule pour y enchaîner les westerns et autres films de genre mais craignant d'être enfermé dans un seul rôle et désireux de se faire un nom chez lui en Amérique, il retourne rapidement à Hollywood où il tourne en 1968 Pendez-les haut et court. Ce film est à la fois important et intéressant. Important, il l'est dans la carrière d'Eastwood. Au moins pour trois raisons. Déjà parce qu'il s'agit de son premier film américain en vedette. Sans prendre trop de risque, Clint jette son dévolu sur un western, le genre qui vient de faire de lui une star en Europe. Deuxième raison, Hang 'Em High marque la naissance de Malpaso, sa société de production, signe que très tôt, il cherche à être indépendant, soucieux de conserver sa liberté et à maîtriser sa carrière. Producteur du film, il embauche Ted Post pour le réaliser, avec lequel il avait déjà travaillé sur quelques épisodes de Rawhide. Ils se retrouveront cinq ans plus tard à l'occasion de Magnum Force mais, aux dires du cinéaste, les rapports ne seront alors plus les mêmes car entre temps, Eastwood sera non seulement devenu un des comédiens les plus importants d'Hollywood et surtout un metteur en scène à part entière, certes encore en devenir quoique déjà doté d'un talent et d'une personnalité affirmés. Dernière raison, Pendez-les haut et court permet à ce dernier de peaufiner son personnage, à la fois héritier de l'Homme sans nom tout en s'en détachant quelque peu, notamment par un côté séducteur dont on parle finalement assez peu alors qu'il n'est pourtant pas absent de la plupart des rôles que Clint interprète à cette époque, dans Un shérif à New York ou La sanction voire même d'une façon plus machiste et provocatrice dans L'homme des hautes plaines

Intéressant, Pendez-les haut et court l'est également à plus d'un titre, dans la manière dont il se nourrit de l'approche leonienne sans renier ses racines typiquement américaines. Ainsi, de part sa brutalité, ses bandits poisseux et du fait même de la présence de Clint, figure indissociable et tutélaire du western spaghetti, le film ne peut nier l'influence transalpine qui le façonne. Mais son sujet - le passage de la loi du talion à une justice légale néanmoins tout aussi condamnable - l'inscrit nettement dans la tradition du cinéma US (L'étrange incident de William Wellman), tout en se raccrochant au nouvel Hollywood qui bourgeonne alors, comme l'atteste la participation de Dennis Hopper (en voleur halluciné) et de Bruce Dern. A ce titre, il faut d'ailleurs louer la qualité du casting, peuplé de gueules familières, de Ben Johnson à Ed Begley, de Charles McGraw à L.Q. Jones sans oublier Bert Freed, tandis que Inger Stevens colore la bobine de sa froide blondeur. Pendez-les haut et court est un très solide western, premier jalon pour Clint Eastwood d'une carrière américaine qui s'écrit encore aujourd'hui. Son film suivant, Un shérif à New York, confirma son succès tout en préparant le mythe de Harry Callahan... (28.03.2023) ⍖⍖⍖



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