Actif depuis le début des années 90 mais auteur d’une discographie encore peu remplie, Mirror Of Deception est un des plus valeureux défenseurs de la cause Doom outre-Rhin, et son précédent méfait, le très réussi Forgone était de loin son œuvre la plus mature. C’est pourquoi nous attendions avec impatience son successeur en espérant que le groupe parviendrait à faire aussi bien cette fois-ci, voire mieux. Las, une certaine déception vient accompagner l’écouter de ce nouvel opus. La recette demeure identique ; les Teutons restent fidèle à la tradition, en pétrifiant un doom séculaire qui transpire la pureté des origines, ni death à l‘anglaise ni lyrique ou épique à la Candlemass, proche en cela des britanniques de Solstice et emprunt de gravité sans pour autant s’abîmer dans les méandres de la dépression suicidaire mais le résultat ne se révèle pas aussi enthousiasmant. Le premier titre, l’excellent « Haunted », presque un hymne doom, nous rassure pourtant d’entrée de jeu, mais très vite, le disque s’enferme dans une linéarité fâcheuse.
Les morceaux, monolithiques comme il se doit – un peu trop sans doute -, s’enchaînent sans passion, lourds, lents, pesants, comme prisonnier d’une épaisse croûte d’argile ; ils ne décollent quasiment jamais et tous finissent par se ressembler sans qu’aucun d’entre eux, hormis celui cité plus haut, ainsi que dans une moindre mesure « The Capital New », « Frozen Fortune » et l’instrumental final « Enigma » ne réussissent à se détacher du lot. Les gars ont du métier, cela s’entend ; ils savent plomber leurs mélodies, notamment par des lignes de guitares qui répandent des atmosphères désespérées. Mais là où le bas blesse, c’est au niveau du chant de Jochen Müller, linéaire et à l’anglais hésitant. L’homme fait penser au chanteur de Solstice (encore eux), mais s’avère dépourvu de la puissance émotionnelle et du charme de ce dernier. Album gris, Shards laisse donc une impression mitigée car on ne peut douter de la sincérité de ses géniteurs, musiciens sympathiques qui plus est, qui portent haut et depuis tant d’années la bannière du doom. Mais dans le créneau qui est le leur, ils peinent cette fois-ci à se hisser au niveau de leurs influences et plus encore de Reverend Bizarre qui lui, excelle à honorer le genre tout en lui conférant une dimension mythologique et mythique grandiose. Les amateurs de Pentagam et autre Saint Vitus devraient néanmoins aimer.(19.08.2007) ⍖⍖


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