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Basil Dean - 21 jours ensemble (1940)


21 jours ensemble est réalisé en 1940 par Basil Dean, metteur en scène britannique totalement tombé aux oubliettes et qu'il ne faut pas confondre avec son compatriote Basil Dearden. Mêlant le drame romantique au récit criminel, le film ne tire pourtant pas tout le potentiel de son excellent canevas. Adaptée d'une pièce de théâtre de John Galsworthy par Graham Greene, l'histoire évoque le dilemme d'un homme qui doit choisir entre vivre avec la femme qu'il aime et sauver l'innocent injustement accusé du crime qu'il a commis. Si l'atmosphère brumeuse anglaise est bien rendue et les scènes de procès, menée avec vigueur et sobriété, l'œuvre manque toutefois du lyrisme passionnel que réclame son sujet. 21 jours ensemble n'en reste pas moins intéressant parce qu'il réunit non seulement le couple mythique que composent Laurence Olivier et Vivien Leigh, alors amants à la ville depuis L'invincible Armada (1937) mais nous donne à admirer les deux comédiens à un moment charnière de leur carrière respective. Elle apparait à des années-lumière du personnage de Scarlett O'Hara qu'elle vient juste d'endosser tandis que lui, semble bien sage, plein d'une douceur que nous n'avons pas l'habitude de le voir exprimer. 

Il y est presque méconnaissable entre les rôles de Heathcliff des Hauts de Hurlevent (1939) ou de Lord Nelson de Lady Hamilton (encore - mais pour la dernière fois - avec Vivien Leigh). Malgré, ou à cause, d'un abord un peu maladroit sinon engoncé, Laurence Olivier transmet parfaitement la culpabilité qui le ronge, fruit d'une morale catholique qui imprègne tout du long le film. Leslie Banks, Robert Newton ou Francis L. Sullivan complètent avantageusement un casting comme toujours impeccable dans le cinéma anglais. L'équipe technique n'est pas moins solide avec un montage assuré par Charles Crichton et les décors par Vincent Korda, le frère de Alexander Korda, d'ailleurs à la production. Nous mentirions en affirmant que le film n'est pas recouvert aujourd'hui d'une couche de poussière mais la scène finale qui voit Wanda courir après son amant pour lui annoncer que celui qui était accusé à sa place n'a pas été jugé coupable et ainsi l'empêcher de se rendre à la police, n'a rien perdu de sa force émotionnelle... (12.01.2021) ⍖⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...