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Mouth Of The Architect - The Ties That Blind (2006)


Un disque composé de 6 titres pour 66,06 minutes ne peut pas être mauvais. Et effectivement, The Ties That Blind des ricains Mouth Of The Architect est une pure tuerie, doublée d'une sacrée découverte. Décidément le pays de l'Oncle Sam, autrefois au bord de l'anémie suite à la vague Grunge, puis Néo Metal, n'en finit plus de dégainer des cartouches qui font mouche. il faut dire aussi que ses enfants sont passés maître depuis le succès de Neurosis, dans ce qu'on baptise aujourd'hui le post hardcore ou post Core. Le trio qui nous intéresse pour l'heure en est un des plus fiers hérauts, comme l'illustre cet opus du feu de Dieu, sur lequel apparait, signe qui ne trompe pas par les temps qui courent, Brent Hinds du révéré Mastodon aux backings vocals sur "At Arms Lengh". Vous avez pris un poings dans la gueule à l'écoute des derniers Isis, Red Sparrowes ou Pelican, nous ne pouvez alors pas passer à côté de The Ties That Blind. Distillant par moment des greffes suffocantes et fiévreuses (les dernières mesures de "Carry On"), il est aussi probablement le plus doom du lot. 


Construit sur une architecture essentiellement instrumentale, que fissure parfois un chant rageur très hardcore, cet album déroule six pavés donc, noirs et hypnotiques. Une profonde mélancolie, un mal être palpable se dégagent de cet album, sentiment que souligne des riffs déchirants, pesants et beaux à la fois (le titanesque "No One Wished To Settle Here", "Harboring An Apparition"). Moins aérien et planant que certains de ses collègues, Mouth Of The Architect pétrit pourtant peut-être la musique la plus pure. La plus touchante aussi. En dépit d'une longueur toujours conséquente (rares sont les morceaux à ne pas franchir la ligne jaune des 10 minutes au compteur), ces titres sont toujours passionnants à suivre car il s'y passe toujours quelque chose, quand bien même ils peuvent, à l'oreille du néophyte, s'assimiler à des blocs compacts et monolithiques. Seules les vocalises, bien qu'efficaces, mériteraient un traitement sans doute moins conventionnel. Mais c'est là un menu défaut eut égard à la tenue générale d'un disque lourd comme une chappe de plomb et bouleversant comme la tragédie d'une vie humaine. (25.06.2007) ⍖⍖⍖

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