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David Lynch - Elephant Man (1980)


Quand bien même il est peut-être considéré comme le film le plus accessible, dans le sens hollywoodien du terme, de son auteur, Elephant Man n'en demeure pas moins une oeuvre purement lynchienne. La beauté plastique et le soin apporté à la reconstitution de l'Angleterre victorienne, laquelle doit beaucoup à la photo en noir et blanc du vétéran Freddie Francis, l'attirance pour les marginaux et en corollaire cet hommage évident au Freaks de Tod Browning, sans oublier certains plans oniriques portent ainsi l'incontestable griffe de David Lynch. Le réalisateur, dont il ne s'agit que du deuxième film après Eraserhead, fait déjà montre d'une maîtrise technique impressionnante. 

Mais, s'inspirant de l'histoire véritable de John Merrick, le film tire avant  tout sa force de son portrait extrêmement pessimiste et sans fard d'une société qui instrumentalise la difformité du personnage, que ce soit Bytes, le montreur de foire, ou le docteur Treves qui l'offre en spectacle non plus aux badauds mais à d'autres médecins tout d'abord puis à la bonne société londonienne qu'attire une morbide et malsaine curiosité.  Passant de la cruauté aux larmes, Elephant Man repose également sur une interprétation très juste, anglaise oblige, de John Hurt à Anthony Hopkins, qui prouve qu'il n'est jamais aussi bon que dans la retenue, de John Gielgud à Wendy Hiller. (29.01.2017) ⍖⍖⍖⍖





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TOP DE LA SEMAINE

Brian De Palma - Blow Out (1981)

Brian De Palma s’est imposé dans les années 70 grâce à une série de films très personnels, thriller ( Obsession ) ou fantastique ( Carrie , Phantom Of The Paradise ), dont l’affolante virtuosité technique a fait de lui l’un des cinéastes les plus doués de sa génération. Après le succès de Pulsions , il souhaite à l’aube des années 80 s’extraire du cinéma de genres et se frotter à des projets plus ambitieux. L’adaptation du roman de Robert Daley, Le prince de New York , devait lui en fournir l’occasion mais il est finalement renvoyé de la production, remplacé par Sidney Lumet. A la place, il réalise Blow Out dont il est l’auteur du scénario. De prime abord, celui-ci semble s’inscrire dans la continuité de ses films précédents, particulièrement du fait de cette influence hitchockienne toujours de mise et dont il ne se départira vraiment qu’après Body Double (1984). Le héros qui sauve une femme de la noyade, la cloche de la liberté, cette variation autour du cri ou cette course-poursuit...

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...