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Wintermoon - Autarky (2013)


Un des plaisirs du chroniqueur réside notamment dans le plaisir d'ouvrir sa boîte aux lettres et d'y trouver un disque dont il n'attendait absolument pas la réception. Ainsi, qu'elle ne fut pas la (bonne ) surprise de votre serviteur, il y a quelques temps, de recevoir un exemplaire de Autarky de Wintermoon. L'opus date déjà, sa réédition en CD également mais ce n'est pas grave, cela suffit à son bonheur. Merci à Non Posse Mori Records pour cet envoi mais surtout pour avoir eu l'excellente idée d'offrir enfin à ce galop d'essai de Wintermoon l'écrin qu'il mérite. Gravée en 2012, l'obole est éditée l'année suivante sous la forme d'un rudimentaire CD-R par Unlight Order Productions, propre label de Désolation qui l'a enregistré avec Gryp, son compère au sein de Litanie. En 2019, Non Posse Mori Records, qui a malheureusement depuis fermé ses portes, donne une seconde vie à Autarky qu'il drape d'un beau et noble digipack et enrichi d'une piste supplémentaire, 'A Battle On Ice', rehearsal capturé en 2008. De son nom à la glaciale et rocailleuse pochette de ce EP séminal, Wintermoon ne saurait évidemment masquer le tribut qu'il doit à Immortal, ce dont il ne se cache pas comme en témoigne la reprise du 'Wrath From Above' que les Norvégiens ont enfanté pour Damned In Black (2000). 


Gravissant ces reliefs montagneux balayés par le souffle du Grand Nord, il serait facile de réduire le duo à une banale copie de son aîné scandinave. Mais outre le fait qu'il y a pire comparaison, reconnaissons que les Français s'en tirent plutôt avec les honneurs. Creusés dans la roche froide de fjords éternels, 'Horizons Of Old Belief' et plus encore 'Autartik Black Metal' affichent une âpreté aussi glaciale que ténébreuse, fissurés par cette lancinance obsédante typique du Abbath période At The Heart Of Winter. Le mimétisme est donc évident ('Cold And Ice') mais le très bel instrumental 'Under The Fullmoon's Light', quoique lui aussi sous influence norvégienne avec ses arpèges squelettiques, illustre une inspiration qui va bien au-delà de la simple photocopie. Si Désolation l'a quitté pour se concentrer sur Litanie, Wintermoon existe toujours autour de Gryp rejoint depuis 2021 par le batteur Svartheim qui fit partie du groupe  lors de ses premiers balbutiements, socle complété par Satanarchist (Neant) pour les paroles. Un successeur à Heartfire (2020) sera-t-il bientôt livré ? On l'espère tant le groupe mérite plus de reconnaissance qu'il n'en a bénéficié jusqu'à présent, comme le rappelle Autarky évocateur de la beauté minérale de ces paysages scandinaves figés par la rudesse d'un hiver crépusculaire. (06.03.2022 | LHN) ⍖⍖⍖  

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...