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Russell Rouse - La maison de madame Adler (1964)


Russell Rouse, réalisateur de pellicules aussi curieuses qu'habiles (L'espion, La cage aux hommes, La caravane vers le soleil, La première balle tue) derrière la caméra, une distribution alléchante (Shelley Winters, Robert Taylor, Broaderick Crawford) devant et une poignée de girls sexy (dont Raquel Welsh à ses débuts) promettaient à La maison de madame Adler sinon la réussite, à tout le moins un résultat intéressant. Las, cette adaptation de l'autobiographie (très idéalisée) de Polly Adler, juive immigrante devenue célèbre comme tenancière de bordel dans l'Amérique de la prohibition, sombre très vite dans l'ennui et dans une sinistre vulgarité. 


Le visage figé, Robert Taylor ne semble pas très concerné par ce qu'il tourne (il n'en était d'ailleurs pas satisfait), même si ses apparitions contribuent à sauver le film de la morosité, Cesar Romero confond Lucky Luciano avec le candidat à une élection politique et les filles composant le sérail de madame Adler, sont jouées de façon souvent trop excessives par des comédiennes tombées dans l'oubli, à l'exception de Raquel Welch donc mais qui n'est pas suffisamment présente pour marquer les esprits. Auteur d'un solide polar de série B (New  York confidentiel), il n'est pas surprenant que Russell Rouse réussit mieux dans la description d'un monde interlope faits de gangsters et de poules de luxe que dans une histoire d'amour contrariée qui parasite ce House Is Not A Home morne et bavard dont la performance pourtant remarquée de Shelley Winters n'a pas suffi à lui garantir succès et postérité... (22.01.2023) ⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...