Accéder au contenu principal

Russell Rouse - La maison de madame Adler (1964)


Russell Rouse, réalisateur de pellicules aussi curieuses qu'habiles (L'espion, La cage aux hommes, La caravane vers le soleil, La première balle tue) derrière la caméra, une distribution alléchante (Shelley Winters, Robert Taylor, Broaderick Crawford) devant et une poignée de girls sexy (dont Raquel Welsh à ses débuts) promettaient à La maison de madame Adler sinon la réussite, à tout le moins un résultat intéressant. Las, cette adaptation de l'autobiographie (très idéalisée) de Polly Adler, juive immigrante devenue célèbre comme tenancière de bordel dans l'Amérique de la prohibition, sombre très vite dans l'ennui et dans une sinistre vulgarité. 


Le visage figé, Robert Taylor ne semble pas très concerné par ce qu'il tourne (il n'en était d'ailleurs pas satisfait), même si ses apparitions contribuent à sauver le film de la morosité, Cesar Romero confond Lucky Luciano avec le candidat à une élection politique et les filles composant le sérail de madame Adler, sont jouées de façon souvent trop excessives par des comédiennes tombées dans l'oubli, à l'exception de Raquel Welch donc mais qui n'est pas suffisamment présente pour marquer les esprits. Auteur d'un solide polar de série B (New  York confidentiel), il n'est pas surprenant que Russell Rouse réussit mieux dans la description d'un monde interlope faits de gangsters et de poules de luxe que dans une histoire d'amour contrariée qui parasite ce House Is Not A Home morne et bavard dont la performance pourtant remarquée de Shelley Winters n'a pas suffi à lui garantir succès et postérité... (22.01.2023) ⍖


Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...