Accéder au contenu principal

Don Siegel - Un espion de trop (1977)


Charles Bronson devant la caméra de Don Siegel soit notre Big Jim préféré des années 70 dans l'oeilleton du réalisateur de Dirty Harry et de tant d'autres polars nerveux (Police sur la ville, Tuez Charley Varrick...), le programme était prometteur. Si le résultat ne déçoit pas, il est aussi permis de penser que le fruit de leur (unique) association aurait pu aboutir à un film meilleur encore qu'Un Espion trop, habile et haletant suspense au demeurant. Et on ne peut également s'empêcher de croire qu'il doit sa (très) bonne tenue, moins à la mise en scène de Siegel, qu'on a connu capable de plus de tension, ni même au scénario de Peter Hyams et Stirling Silliphant (adapté du roman de Wallter Wager), qui ne presse pas suffisamment le thème pourtant passionnant des espions dormants mais davantage au couple assez improbable que forment Bronson et Lee Remick, laquelle vole carrément la vedette à son partenaire plus taiseux et monolithique que jamais. A l'origine de belles scènes et de joutes teintées d'ironie, leur duo fonctionne miraculeusement. 

Et nonobstant le charme de Jill  Ireland, on apprécie de voir le grand Charles aux côtés d'une autre comédienne que sa femme, comme cela sera le cas de Jacqueline Bisset (Monsieur St. Ives), de Kim Novak (Le bison blanc) ou de Dominique Sanda (Cabo Blanco). Mais Lee Remick est sans doute celle qui aura le mieux su s'accoupler à son jeu minéral. Donald Pleasence dans un rôle louche taillé pour lui, la pétulante Tyne Daly, qui venait de partager l'affiche avec Clint Eastwood dans L'inspecteur ne renonce jamais, Sheree North, qui sera dans nombre de pellicules burnées des années 70 (L'organisation, L'homme de la loi, L'évadé...) et Patrick Magee complètent cette solide distribution. A l'arrivée, on tient avec Telefon un des Bronson les plus jubilatoires de cette décennie, à ranger aux côtés du Flingueur, du Bagarreur ou de Mr Majestyk. (09.05.2020) ⍖⍖⍖



Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...