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Yngwie Malmsteen - Perpetual Flame (2008)


Petite précision avant de débuter cette critique du dernier opus du Bibendum suédois. Je suis un vrai fan du maître. Ou du moins je l’ai été, surtout lors de ce que j’estime être ses deux âges d’or, c’est-à-dire tout d’abord (forcément) entre 1984 et 1989, époque faste qui correspond à ses flamboyants débuts puis, moins évident, entre 1996 et 2002. Or depuis, la carrière du Nounours scandinave amateur de Ferrari semble s’être enlisée dans la médiocrité et l’indifférence avec la publication d’un seul album, le fade Unleash The Fury et des tournées dont à peu près tout le monde se fout. Je n’attendais donc pas (ou plus) grand chose de sa part et à priori surtout pas ce Perpetual Flame, avec sa pochette naze (une constante malheureusement !) et un Tim « Ripper » Owens », dont beaucoup se demande ce qu’il vient faire là car ce n’est clairement pas dans le groupe ( ?) de son nouvel employeur qu’il risque de pouvoir enfin jouir de liberté et d’autonomie. En comparaison de Malmsteen, Jon Schaffer (Iced Earth), c’est le chantre de la démocratie, c’est Nelson Mandela ! Et puis une question demeurait : comment le chant  de l’ex-Judas Priest à priori assez éloigné des standards malmsteenien allait-il pouvoir se mélanger avec le pudding néo-classique du Suédois ? 


Et bien, contre toute attente, c’est plutôt une bonne surprise. Owens a rangé ses habits de Rob Halford du dimanche (sauf en guise d’entame de l’inaugural « Death Dealer ») pour une performance étonnamment sobre. Reconnaissons d’ailleurs au virtuose un bon goût certain en matière de chanteur, de Jeff Scott Soto à Joe Lynn Turner, de Mark Boals à Mats Leven sans oublier Doogie White. Une bonne surprise disais-je, et qui l’est d’autant plus que le maestro semble à nouveau avoir une érection en terme d’inspiration. Bon évidemment, c’est toujours du Malmsteen pur jus avec ses éjaculations de notes, cette Stratocaster qui vomit de tous les côtés. On ne peut de fait pas dire qu’il se renouvelle beaucoup, le Yngwie et les éruptions guitaristiques qui éclaboussent les « Live To Fight » et autre « Be Careful What You Wish For » aussi jouissives soient-elles, possèdent toutes un air de déjà entendu. Il en va de même des parties (obligées) de cithare qu’il affectionne tant.  Ces réserves émises, il faut bien admettre que le bougre joue toujours aussi bien, comme en témoignent le final hallucinant de « Priest Of The Unholy » ou l’instrumental « Caprici Di Diablo » pendant lequel il se déchire. Ces douze chansons, plus longues (entre cinq et huit minutes en moyenne) dans l’ensemble qu’à l’accoutumée, sont mieux écrites, plus élaborées aussi. Cela fait même longtemps que le maître n’avait pas atteint de pareils sommets, à l’image notamment de la triplette final constitué du superbe « Magic City », chanté par lui-même et rehaussé par les claviers du désormais fidèle Derek Sherinian (ex-Dream Theater), de « Eleventh Hour » et de l’instrumental « Heavy Heart ». Perpetual Flame se révèle donc être un très bon cru du vignoble suédois, le meilleur depuis des lustres. Ouf. Voilà un retour en grâce qui fait plaisir. (27.12.08) ⍖⍖⍖

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